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Marge(s), seuil(s), transition(s)

June 2026
Conferences, workshops and debates
1er au 03 juillet 2026
Comité d'organisation : Julien Beaufils, Jean-François Candoni , Laetitia Devos, Valérie Dubslaff, Isabelle Ruiz, Alexis Tautou
Marge(s), seuil(s), transition(s) - Institut du Genre

Le 57e congrès de l’Association des Germanistes de l’Enseignement Supérieur (AGES)
Campus Villejean, Université Rennes 2.
Place du recteur Henri Le Moal 35000 Rennes

Les notions de seuils et de transitions présupposent la rencontre avec une ligne, une démarcation entre deux espaces, deux situations, deux langues ou deux époques. Elles suggèrent l’existence d’un entre-deux ou d’une béance, d’un espace qui interpelle – à l’image par exemple des espaces liminaires dans l’esthétique audio-visuelle. Dans son acception historique, le seuil représente un moment de bascule, de changement d’ère, de cadre socio- culturel ou de régime politique ; les transitions en revanche prennent en considération les temporalités précédant et suivant la rupture et permettent de saisir les transformations dans leur globalité. Mais les transitions peuvent aussi révéler des changements de paradigme, des infléchissements ou hybridations dans d’autres domaines : elles peuvent renvoyer à des mutations grammaticales, au passage d’une langue à une autre par le truchement de la traduction, ou au glissement du monde réel vers le monde virtuel. Elles peuvent de même faire référence à des mobilisations politiques ou à des dynamiques sociales, à l’échelle du microcosme socio-professionnel comme de la société dans son ensemble. À travers les transitions socio-environnementales par exemple, les acteurs sociaux s’appliquent à mettre en place des modes de vie moins émetteurs de carbone et plus respectueux de l’environnement et de la biodiversité. Elles peuvent encore renvoyer aux transitions de genre, au passage d’une identité à une autre, en bravant les normes façonnant nos sociétés. Passer d’un état à un autre, s’inscrire dans des interstices ou à la marge d’une société, d’une communauté, d’un régime s’accompagne souvent d’une transgression (in)volontaire de conventions, d’une règle, de codes, d’une loi, d’un dogme ou d’un canon esthétique. La transgression implique dès lors tout un système de valorisation et dévalorisation, elle peut générer invisibilisation, répression et violence dès lors que la « dérive » ou « déviance », qu’elle soit sociale, genrée, politique ou artistique, est stigmatisée comme anormale, inacceptable, illégale. Toutefois, elle est aussi source de création, de métamorphoses, de changement, d’adaptations et de renouveau : c’est par la transgression, notamment, que peut se manifester l’agentivité (« agency ») d’un individu, que ce dernier peut se placer « au- dessus de la mêlée » ou à la pointe de l’innovation, exprimer et revendiquer cette marginalité, à l’instar des acteurs.trices des avant-gardes.