Search

Doublement marginales ? Auctorialités féminines périphériques (Belgique, Luxembourg, Suisse) aux XIXe et XXe siècles

July 2026
Calls for papers
Deadline:
15 September 2026
Les 8-9 avril 2027
Organisation : Laurence Brogniez, Céline Duverne, Shauna Heck (ULB-FNRS)

Université libre de Bruxelles

La reconnaissance d’une double marginalité (Parker 1998) des écrivaines francophones a permis d’identifier la collusion entre des biais de genre et des vecteurs de minoration culturels, socio-économiques et linguistiques, inhérents à la situation périphérique des territoires concernés. S’il est difficile pour une femme de prendre la plume et de faire carrière, a fortiori, comment briller dans un horizon masculin tout en demeurant en marge du centre parisien ? Dans la vaste constellation des littératures d’expression française, la situation des écrivaines frontalières, provincialisées à l’égard des instances de légitimation, apparaît analogue à divers titres1. Leur proximité géographique a nourri un imaginaire de la vassalité (Barthelmebs et Saintes 2025) : ces « centraux excentriques » (Casanova 1999, 168) entretiendraient à l’égard de la France une relation de « contiguïté » voire de « dépendance » (Denis 2017), qui a pu conduire à parler de « sous-champ du champ littéraire français séparé de lui par une frontière politique » (Bourdieu 1985, 3-6).

Le XIXe siècle constitue un moment séminal dans la construction de ces identités francophones, pour la Suisse unie politiquement depuis 1815, pour la Belgique devenue indépendante en 1830 et pour le Grand-Duché du Luxembourg, dont les frontières actuelles sont fixées en 1839. Si les dernières décennies de ce siècle et le tournant vers le suivant voient se multiplier le nombre d’autrices en Europe (Gemis 2009, 303), cet essor sans précédent des vocations féminines coïncide avec un champ de plus en plus concurrentiel. Cette réalité implique la mise en place de stratégies – esthétiques, mais surtout éditoriales et sociales – dans lesquelles le sexe faible peine à tirer son épingle du jeu, malgré la normalisation progressive de la femme-auteur jusqu’à l’ère contemporaine. Dans ces deux siècles charnières pour l’émancipation de la tutelle française et la redéfinition des normes genrées, la minoration des autrices francophones a fait l’objet de travaux croisant la sociologie de la littérature et les études
sur le genre2. En dialogue avec ce cadre épistémologique, les prolongements que nous souhaitons proposer aborderont cette double marginalité comme une opportunité d’investir et de relier une pluralité d’identités, de réseaux et d’espaces de création.

L’appel intégral [lien à gauche] indique quelques axes non exhaustifs pour comparer les dynamiques collectives de ces littératures périphériques.

Modalités de soumission

Les propositions de communications, assorties d’une brève notice bio-bibliographique, peuvent être adressées jusqu’au 15 septembre 2026 à laurence.brogniez@ulb.be, celine.duverne@ulb.be et shauna.heck@ulb.be. Sans proscrire les approches monographiques, on privilégiera les communications mettant l’accent sur les dynamiques collectives et/ou comparatives.