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Les adelphies en pratique. Pour une sociologie des sœurs et frères

mars 2026
Appels à contribution
Date limite :
25 mars 2026
Le jeudi 4 juin 2026

Journée d’études
SciencesPo
Paris
Amphithéâtre Érignac

Les adelphies sont régulièrement décrites comme les grandes « oubliées » des sciences sociales (Lett, 2008), dont la sociologie de la famille et de la parenté (Crenner et al., 2000). Les sociologues qui, dans les années 2000, se sont intéressé⸱es au lien de germanité à l’âge adulte dans les sociétés contemporaines, décrivent ce dernier comme si peu normé qu’il est le seul du système de parenté à être comparé aux relations amicales (Herpin & Déchaux, 2004). Ce lien se distinguerait des liens de filiation directe (parents, enfants) par la faiblesse des obligations morales et juridiques qui l’encadrent.

Les sociologues de la famille qui s’y sont intéressé⸱es font régulièrement appel à l’absence d’obligations juridiques entre germain⸱es comme l’une des modalités de son caractère peu normé (Herpin & Déchaux, 2004). Pourtant, l’adelphie est loin d’être une oubliée du droit. D’abord, l’adoption d’un⸱e mineur⸱e par son frère ou sa sœur majeur⸱e est favorisée en cas de décès des parents. Ensuite, si les parents sont dans l’impossibilité d’accueillir des enfants mineurs, leurs frères ou sœurs majeur⸱es peuvent se voir accorder la charge de leur hébergement. Enfin, l’importance donnée à l’indivisibilité des membres d’une même adelphie est particulièrement explicitée à travers l’attention portée à ce qu’ils ne soient pas séparés à l’issue d’un divorce ou d’un placement (Théry, 1996). Les membres d’une même adelphie sont également liés par l’obligation alimentaire à l’égard de leurs ascendants.

À ce titre, l’allongement de l’espérance de vie réactualise des questionnements anciens relatifs à la prise en charge familiale des personnes concernées par le handicap ou par des difficultés associées à l’avancée en âge. Ces interrogations excèdent le seul cadre des relations intergénérationnelles entre ascendants et descendants et mettent en lumière la spécificité du lien de germanité, lequel constitue souvent la relation de parenté la plus durable en raison de la proximité d’âge entre les membres d’une même adelphie (Déchaux, 2023). Les effets de cette réalité démographique concernent à la fois les attentes des frères et sœurs les un⸱es envers les autres, comme dans les cas où l’un⸱e d’entre eux⸱elles est concerné⸱e par le handicap (Yvon,2023), mais cela interroge également la répartition des soutiens à l’égard des parents âgés (Kushtanina et al., 2025 ; Le Borgne-Uguen & Pennec, 2004 ; Trépied, 2003). Les formes de soutien mettent ainsi en évidence certains effets de différenciation entre des membres d’une même adelphie : tous et toutes ne s’impliquent pas de la même manière vis-à-vis des besoins de soutien susceptibles de concerner les membres de la parenté.

Modalités de contribution

La journée d’étude « Les Adelphies en pratique. Pour une sociologie des sœurs et frères » se tiendra le jeudi 4 juin 2026 à Sciences Po, dans l’amphithéâtre Érignac. Les propositions de communications comprendront 2500 signes (Times new Roman, police 12, interligne 1,15) et seront à envoyer au plus tard le 25 mars à l’adresse je.adelphies@gmail.com.

Elles comprendront également une présentation de l’auteur⸱trice, de la méthode, de la question de recherche, des résultats qui seront présentés, ainsi que de la bibliographie (non comprise dans les 2500 signes). De plus, l’axe dans lequel s’insère la proposition sera précisé en début de proposition. Les retours d’évaluation des propositions de communication seront transmis miavril.