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Enfance et femmes de plume : Autrices et traductrices pour la jeunesse en Grande-Bretagne et en Europe du XVIIIe au XXIe siècles

mars 2026
Appels à contribution
Date limite :
13 avril 2026
Les 5-6 mai 2026

Colloque International organisé par le GRIC, à l’Université Le Havre Normandie,

La littérature pour la jeunesse, marginalisée depuis son émergence en Grande-Bretagne au milieu du XVIIIsiècle, est restée majoritairement l’affaire d’autrices tant qu’elle demeurait dans cette marge, mis à part dans le cas des auteurs d’œuvres canonisées comme Lewis Carroll, Rudyard Kipling, J.M. Barrie, A.A. Milne, C.S. Lewis ou J.R.R. Tolkien.

Qu’on songe par exemple au sort d’Edith Nesbit, qui publia la majeure partie de son œuvre à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, c’est-à-dire au moment même où Rudyard Kipling, J.M. Barrie ou encore Kenneth Grahame publiaient leurs chefs d’œuvre désormais canonisés, respectivement The Jungle Books (1894-95), Peter Pan (1904 pour la pièce, 1911 pour le roman) et The Wind in the Willows (1908). Nesbit, l’une des nombreuses autrices pour la jeunesse dont le nom de plume (E. Nesbit) masquait l’identité féminine et qui a fait l’objet de plusieurs biographies ou monographies dans les années 1950 et 60 (significativement écrites par des femmes), est presque tombée dans l’oubli aujourd’hui, alors même que son influence sur le roman contemporain pour la jeunesse s’est avérée déterminante.

[…]

Ce colloque sur la place des femmes dans l’écriture pour la jeunesse en Grande-Bretagne et en Europe s’intéressera également au cas des femmes qui ont traduit pour la jeunesse. La traduction est une activité profondément genrée, au même titre que l’écriture pour la jeunesse. Souvent considérée comme l’activité ancillaire par excellence malgré sa créativité intrinsèque[3], elle a dans bien des cas servi de catalyseur à l’affirmation de la voix féminine à travers l’écriture pour la jeunesse.[4] Gillian Lathey démontre de manière convaincante que la traductrice de livres pour enfants a toujours fait partie des « traducteurs invisibles » de Venuti (1995) – voire « la plus transparente de tous » (2010, 5), mais aussi, selon les termes de Mary Howitt, traductrice des contes de Grimm en anglais et prolifique autrice victorienne pour la jeunesse, une « voyageuse, passionnée d’apprentissage des langues et professionnelle affirmée » (97).

Grâce à ce colloque, nous espérons approfondir l’analyse de certains des thèmes de recherche que Lathey a évoqués dans la conclusion de son ouvrage publié en 2010, en particulier celui du rôle des femmes traductrices pour les jeunes en Grande-Bretagne et en Europe.

Modalités de soumission

Les propositions de communications (400 mots maximum), en français ou en anglais, accompagnées d’un titre clair et d’une courte notice bio-bibliographique, sont à envoyer sous forme de deux fichiers Word séparés avant le 13 avril 2026 à Virginie Douglas (virginie.douglas@univ-lehavre.fr)