Violences sexistes et racistes dans l’enquête : rendre visibles les violences « ordinaires » sur le terrain
01 April 2026
Appel à contribution à un numéro spécial de la revue Recherches sociologiques et anthropologiques
Le dossier a deux objectifs. Rendre visible les violences qui sont, la plupart du temps, banalisées dans le fil de la recherche car perçues comme anodines, « petites » ou « micro ». Les qualifier d’ordinaires ne vise pas à les minimiser, mais au contraire à les reconnaitre alors même qu’elles sont encore trop souvent jugées peu heuristiques au moment de l’analyse des données. Le second est de documenter la manière dont les violences racistes et sexistes peuvent surgir et se déployer sur des terrains faciles d’accès et non « minés ». La notion de violence est entendue ici comme produit des rapports sociaux et non comme une déviance individuelle.
Argumentaire
« Violences ordinaires » : l’expression synthétise deux objectifs du dossier. Le premier cherche à rendre visible les violences qui sont, la plupart du temps, banalisées dans le fil de la recherche parce qu’elles sont perçues comme anodines, « petites » ou « micro ». Les qualifier d’ordinaires ne vise pas à les minimiser, mais au contraire à les reconnaitre alors même qu’elles sont encore trop souvent jugées peu heuristiques au moment de l’analyse des données. Le second est de documenter la manière dont les violences racistes et sexistes peuvent surgir et se déployer sur des terrains faciles d’accès et non « minés ». Ces violences ordinaires sont souvent « mises à l’écart » dans le récit d’enquête (Caveng et Darbus, 2017), invisibilisées ou perçues comme secondaires voire illégitimes sur des terrains peu « sensibles », mais elles ont pourtant des effets concrets sur le déroulement de la recherche et sur le matériau recueilli.
La notion de violence est entendue ici comme produit des rapports sociaux et non comme une déviance individuelle. En effet, si toutes les formes de sexisme ou de racisme ne sont pas des violences en tant que telles (Delage et al., 2025), toute violence raciste ou sexiste est la résultante de rapports sociaux, d’inégalités, de formes de domination. Ainsi, tenir compte des violences sur le terrain permet d’éclairer les rapports sociaux (de race, de genre, de classe) engagés dans la relation d’enquête et dans le milieu enquêté.
Modalités de soumission
Des contributions d’anthropologues, de sociologues et des disciplines connexes (science politique, histoire, géographie) sont attendues pour ce numéro. Les communications devront s’inscrire dans une perspective qui tient compte de l’articulation des rapports sociaux de sexe, de classe et de race et préciser les dispositifs méthodologiques mobilisés.
Les propositions d’articles de 600 à 1000 mots, suivies d’une courte bibliographie, sont à soumettre avant le 1er avril 2026 aux adresses suivantes : redactionrsa@uclouvain.be ; camillegourdeau@gmail.com ; irene-lucile.hertzog@unicaen.fr ; pauline.seiller@unicaen.fr.
Ces propositions seront accompagnées d’une notice biographique des auteur.es, incluant leur statut, rattachement institutionnel et courriel.
Les résultats de la sélection sur résumés seront communiqués le 15 avril 2026 .
Les articles définitifs seront attendus pour le 30 juin 2026.
Les consignes de rédaction des articles sont consultables sur le site de la revue (https://journals.openedition.org/rsa/139) et seront reprécisées spécifiquement aux intéressé.e.s le 15 avril 2026.