Unions conjugales des françaises « d’origine marocaine » entre la France et le Maroc. Identités multiples et rapports sociaux de pouvoir

Thèse de doctorat en Sociologie, Démographie - Université Paris Diderot-Paris 7
Par Nouri RUPERT
Sous la direction de Azadeh Kian
Année de soutenance 2019

Résumé

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Cette thèse s’appuie sur la réalisation d’une enquête qualitative autour des trajectoires conjugales, allant des mariages aux divorces, auprès de trente-cinq femmes françaises «d’origine marocaine» entre la France et le Maroc. Nous avons réalisé deux terrains ethnographiques, un en région parisienne et un autre au Maroc auprès de femmes nées en France de parents marocains, ayant fait le choix de rester installées en France ou circuler de manière plus ou moins longue, entre la France et le Maroc. Elles ont toutes connu une situation de mariage et divorce. Les mariages et divorces ne peuvent se comprendre qu’en considérant l’importance des classes sociales, des territoires qu’ils traversent à l’aide des rapports sociaux de sexe, de nationalité et de «race», imbriqués et visibilisés par la «double présence» des femmes françaises «d’origine marocaine» entre les deux espaces. Après avoir souligné le contexte socio-historique singulier dans lequel les descendantes d’immigrant-e-s font l’expérience d’injonctions paradoxales, construisant leur situation de minoration en dehors et dans le mariage, nous reviendrons sur la construction des rapports de pouvoir qui amènent à objectiver l’existence d’un espace de circulation franco-marocain. L’inextricabilité qui existe entre mariages et divorces permet enfin, dans ce travail, de penser les luttes autour du déplacement/replacement des femmes françaises d’origine marocaine sur le marché conjugal «français», après un divorce.