The gender gap paradox Citizenship, cohort change and the evolution of gender inequalities in political participation in Western Europe (1981-2016)

Thèse de doctorat en Science politique - Science Po Paris
Par Anja DUROVIC
Sous la direction de Nonna Mayer
et la co-direction de Vincent Tiberj
Année de soutenance 2020

Résumé

Français Anglais
La recherche sur les écarts de participation politique selon le genre manque d'analyses longitudinales et comparatives examinant si, où et pourquoi les inégalités participatives entre les genres ont varié au fil du temps. Cette thèse vise à combler cette lacune en adoptant un cadrage théorique dynamique, croisant études de genre et travaux sur la participation politique, et un design de recherche qui compare à la fois (i) différents types de participation politique (participation aux élections nationales, à des activités institutionnelles, à des manifestations et à des pétitions), (ii) neuf pays d’Europe de l’ouest, sur une période de 35 ans, en s’appuyant sur des analyses quantitatives des enquêtes EVS (1981-2008) et ESS (2002-2016). Les résultats indiquent que les écarts entre femmes et hommes ont évolué au fil du temps, qu’ils se sont réduits et parfois inversés selon le mode d’action, et de manière différente selon les pays. La thèse montre que cette évolution paradoxale des inégalités de genre dans la participation politique est majoritairement due aux effets genrés de l’appartenance générationnelle qui influence le niveau de participation politique chez les femmes et les hommes, mais de manière différente selon le type d’action étudié. De manière générale, l’ampleur des {gender gaps} de la participation diminue parmi les cohortes les plus récentes, du fait des différences générationnelles en termes d’éducation, de religiosité, de politisation ou des effets négatifs et durables du retard dans l’accès des femmes à la citoyenneté politique. La thèse révèle que la diminution des {gender gaps} dans les formes de participation coûteuses en termes de temps et de ressources parmi les plus jeunes cohortes n’est pas due à un plus fort engagement des femmes mais à une participation en baisse des hommes, qui, dans certains pays, s’expliquent par les écarts du niveau de syndicalisation entre générations.
Research on gender gaps in political participation lacks systematic longitudinal and comparative analyses examining whether, where and why participatory gender inequalities have changed over time. This dissertation fills this gap by adopting a theoretical framework, combining gender studies and political behaviour research, and a research design that compares (i) different types of political participation (participation in national elections, institutional political activities, demonstrations and petitions); (ii) in nine Western European countries, over a period of 35 years, using individual-level data of the EVS (1981-2008) and ESS (2002-2016). This research shows that gender gaps in political participation have evolved over time: they narrowed and sometimes reversed depending on the mode of action, and in different ways according to the country under study. Its findings highlight that these differential gender gaps are mostly driven by gendered effects of generational belonging which influence women’s and men’s level of political participation but in a different way depending on the type of political action studied. The size of gender gaps in political participation generally decreases among the most recent cohorts due to generational differences in terms of education, religiosity and politicisation. The dissertation reveals that the decrease in gender gaps in time-and-resource-intensive institutional political activities (such as participation in political parties or contacting politicians) among the youngest cohorts is not due to a stronger commitment of women but to a decreasing likelihood of men getting involved in such forms of political participation, which in turn, can, in certain countries, be explained by generational inequalities in trade union membership.