Représenter la femme à la fin de la République

Thèse de doctorat en Archéologie - Université Paris-Sorbonne
Par Aurora TAIUTI
Sous la direction de Gilles Sauron
et la co-direction de Massimiliano Papini
Année de soutenance 2019

Résumé

Français Anglais
La production statuaire féminine de la fin de la République et du début de l’époque impériale se révèle être bien plus variée que ce que les anciennes études ont mis en évidence jusqu’à présent. La présente étude propose une critique des précédentes classifications typologiques à partir d’un corpus documentaire comprenant deux cent quatre statues en ronde bosse et haut-relief. L’étude de ce corpus a permis de mettre en lumière l’existence d’un riche répertoire de variantes aux types statuaires officiels et d’élaboration hellénistique. Ces variantes statuaires se révèlent être fondamentales pour la compréhension des relations entre les différentes régions de l’Empire ainsi que des traditions artisanales locales qui s’imposent encore parfois face à l’élaboration du langage de l’art augustéen. En même temps, l’analyse des statues féminines dans leur contexte a permis de démontrer une différence substantielle entre le plan de l’art officiel et celui de la production privée : contrairement aux choix iconographiques et stylistiques réservés aux hommes, les premières statues honorifiques des femmes romaines ne se révèlent pas totalement soumises aux règles de l’imitatio principis. L’importance de cette étude repose dans l’originalité de cette période de transition entre les modèles féminins issus de la précédente expérience iconographique hellénistique et ceux élaborés au cours de la période impériale romaine.
The statues of roman women during the end of the Republic and the first decades of the Empire were far more diversified than what previous scholars have claimed so far. Thanks to two-hundred and four female statues on round and high-reliefs collected from the west provinces of the roman Empire, the classifications proposed in the previous studies are retreated in order to stress the existence of a rich group of variations, which were different from the hellenistic statue types or from those which had been introduced during the imperial period. This variations are fundamental for the understanding of the relations between the different regions of the Empire as is the knowledge of traditional handicrafts, which were still heterogeneous in spite of the hellenization of roman art in the roman Republic. Moreover, this study of female honorific statues stresses the difference between the private and the official levels: on the contrary of masculine honorific sculpture, the first female statues from honorific context don't strictly reproduce the types and the facial features of female members of the Domus Augusta. The importance of this study resides in the peculiarity of this period of transition that, lying between the hellenistic and the imperial eras, represents a key moment for the elaboration of the image of the roman woman.