Représentations de la femme dans le théâtre espagnol contemporain. Corps et sexualité chez Laila Ripoll et Federico García Lorca

Thèse de doctorat en Langues et littératures romanes - Université de Poitiers
Par Adelina LAURENCE
Sous la direction de Elvire Diaz
et la co-direction de Encarna Alonso Valero
Année de soutenance 2019

Résumé

Français Anglais
L'Espagne a connu de grandes transformations sociétales et dans la recherche, notamment dans le domaine des études de genre, thématique aujourd'hui omniprésente. Le théâtre est un art qui joue un rôle prépondérant dans l'évolution intellectuelle d'un pays et dans le changement des mentalités. Il permet ainsi de mettre en exergue l'évolution du rôle de la femme au fil des années. Federico García Lorca et Laila Ripoll analysent le rôle de la femme sous l'influence des conventions sociales, à travers le poids de la tradition et le confinement dans l'espace domestique en tant que mère et épouse. Cette image de la femme, ancrée dans l'imaginaire collectif, est contestée par les études de genre. En effet, il s'agit d'une construction sociale qui n'est pas innée : la relation entre l'identité sexuelle, l'orientation sexuelle et les représentations sont variables d'un individu à l'autre. Les personnages étudiés présentent des indices d'évolution, mettant en lumière les transformations auxquelles la société est confrontée. En dépit du poids de la société patriarcale, elles vont se rebeller, prendre des caractéristiques traditionnellement considérées comme masculines et affirmer leur sexualité même si cette attitude les conduira à être rejetées socialement. Le rapport au sexe, et par extension au corps, fait encore débat. Son corps ne lui appartient pas, il appartient à la société qui exige la perfection. Son corps est possédé à travers la domination érotisée, la violence machiste, la mutilation ou encore la mort. Ainsi, le corps de la femme, représentée sur scène, est sexualisé et soumis à l'injonction du patriarcat, ce qui a des conséquences sur les femmes dont le corps est stigmatisé.
Spain has known great social transformations that can be seen reflected in the different investigations performed, especially in the area of gender studies, omnipresent subject nowadays. Theatre as a branch of scenic art develops a key role in the development of an intellectual evolution of a country as well as in the change of mentality, this last one being seen in that it allows us to stand out the evolution of the role of women throughout the years. Federico García Lorca and Laila Ripoll analyze the role of women under the yoke of social conventions articulated through the weight of tradition and the confinement in the domestic space as mother and wife. Gender studies judge this image of women implanted in the collective imaginary demonstrating that that it is indeed a social construct and not an innate condition given that the relation between sexual identity, sexual orientation and the representations of each are different in each individual. The characters studied in our investigation show hints of development, manifesting the transformations that society goes through. Despite the weight of patriarchal society, they rebel taking characteristics traditionally known as manly and affirming their sexuality, even at the risk of social rejection. The relationship with sex, and by extension the body, still is a debate theme as they feel that their body is not theirs but of society, which demands of it perfection. Their body is possessed through erotized domination, patriarchal violence, mutilation or even death. This way, the body of the woman, represented in scenery, is sexualized and submitted to patriarchal order, which carries consequences on these women whose body is stigmatized.