Produire le genre, fabriquer la parenté. Ethnographie du travail domestique et horticole à Kiriwina

Thèse de doctorat en Sociologie - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Par Louise PROTAR
Sous la direction de Tania ANGELOFF
Année de soutenance 2020

Résumé

Français Anglais
Commencée en septembre 2015, ma recherche doctorale porte sur la division du travail dans l’archipel de Kiriwina, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, région plus connue sous le nom d’îles Trobriand. Le cœur de cette thèse consiste à réinterroger trois dimensions de la société kiriwinienne : les rapports entre hommes et femmes, les liens de parenté et la culture des jardins. Je propose de regarder ces thèmes classiques de l’anthropologie des Trobriand au prisme du travail, avec l’idée que le travail est un puissant révélateur des rapports de pouvoir. Pour cela, j’ai mené entre 2016 et 2018 une enquête ethnographique d’une durée de 10 mois, dans un village du sud de l’île. Accueillie avec mon compagnon par une famille dont nous partagions la vie quotidienne, j’ai observé le détail de la division du travail dans cette maisonnée. Cette recherche propose d’utiliser les outils de la sociologie du travail et du genre pour offrir un autre point de vue sur l’organisation sociale des Kiriwiniens. La première partie de la thèse décrit et explique l’enquête que j’ai menée, son contexte, ses objets et ses modalités. Une seconde partie interroge les conceptions émiques du travail : la limite entre le travail et le hors-travail et la façon dont les activités productives et reproductives sont hiérarchisées. Une troisième partie est consacrée à la division sexuée du travail et analyse l’organisation du travail au sein de la maisonnée pour éclairer les rapports de pouvoir dans la famille. Enfin, la quatrième partie consiste en un retour sur les célèbres jardins d’ignames trobriandais pour décrire le contrôle social dont le travail fait l’objet. L’objectif de ma thèse est double : sortir Kiriwina de l’exotisme en mettant l’accent sur les rapports sociaux qui y organisent la vie quotidienne ; questionner, par ce détour océanique, nos catégories scientifiques.