Hestia : du mythe au complexe. La pensée du genre dans les cultures méditerranéennes

Thèse de doctorat en Sociologie - Université Paris Descartes
Par Jean-Pierre DESMOULIN
Sous la direction de Bernard Valade
Année de soutenance 2009

Résumé

Français Anglais
Hestia : du mythe au complexe La pensée du genre dans les cultures méditerranéennes La Méditerranée – cadre et objet de recherches anthropologiques – a vu naître et régner de nombreux mythes dont celui d’Hestia qui peut représenter – sous une forme fonctionnelle que nous dénommons, ici, « complexe d’Hestia » –, les caractéristiques des organisations sociales qui se sont succédé ou ont perduré dans cette aire culturelle sud-méditerranéenne ; mythe olympien qui, sous sa forme divinisée, expose les relations hommes - femmes. Les changements sociétaux conduisent à des remises en cause des conceptions de la nature humaine : à une vision anthropologique essentialiste de l’homme et de la femme, s’oppose une vision constructiviste qui ne laisse pas d’interroger les origines métaphysiques et religieuses des sociétés, et permet d’opérer des changements de représentations sociales, de rôles et de statuts. Une « rupture ontologique » dans la conception de l’homme et de la femme s’est installée; et toutes les organisations sociales ont été construites sur cette opposition qui peut recouvrir une lutte mimétique pour le pouvoir, dans une dialectique dominant / dominée. Un « ordre du monde », dont on recueille encore aujourd’hui l’héritage, s’est mis en place en organisant les relations entre les sexes ; le genre étant le social sexué. Dans les sociétés de l’Antiquité, la différence – conception ontologique – entre hommes et femmes, installait leur inégalité ; dans les sociétés modernes l’égalité ordonne – ou devrait ordonner – leurs différences. L’égalité recouvrirait, en apparence, un « échange avec les femmes », dans un « deal » : pouvoir / puissance. L’identité sociale sexuée – le genre –, est, donc, construction plus qu’adhésion à des modèles ou archétypes culturels.