Défier la sexualisation du regard. Analyse des démarches contestataires des FEMEN et du post-porn

Thèse de doctorat en Science politique - ENS Lyon
Par Noémie AULOMBARD
Page personnelle
Sous la direction de Lilian MATHIEU
Année de soutenance 2019

Résumé

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J’étudie deux modalités de contestation de l'imaginaire dominant, en analysant des actions directes des FEMEN et des performances {post-porn}. Ces deux démarches contestataires mettent en exergue et questionnent, chacune à leur manière, la sexualisation cishétéropatriarcale des corps : les FEMEN la refusent, la démarche {post-porn} propose d'autres façons de sexualiser les corps. Il s’agit de re-signifier les corps féminins, trans, non hétérosexuels et de penser leur rapport aux imaginaires sexuels dominants. A partir de là, je montrerai que le regard sur les corps est verrouillé autour d’un imaginaire traversé par les rapports de pouvoir : les scripts corporels, façons hégémoniques de raconter les corps des dominant·es et des dominé·es, structurent le regard. Mais ce verrouillage du regard contient les conditions de son déverrouillage, dont les modalités sont interrogées ici. Les narrations alternatives de corps, élaborées par les actions étudiées, opèrent-elles ce déverrouillage ?
I study two approaches which dissent from the dominant imaginary, through the analysis of the FEMEN’s direct actions and the post-porn performances. Both dissenting approaches highlight and question, each in their own way, the cisheteropatriachal sexualization of bodies: the FEMEN movement refuses it, while the post-porn approach offers other ways of sexualizing the body. A comparison of FEMEN's modes of action with those of the actors and actresses of the post-porn scene entails engagement with two different ways, re-working the images of trans and/or non-heterosexual female bodies, and their relation with dominant sexual imaginaries. Starting from it, I show the way we look at bodies is locked in by an imaginary shaped by power relationships: corporal scripts are hegemonic ways to narrate the bodies, shaping the way we look at bodies. However, this locking in of the gaze contains the conditions of its own unlocking. These modes of unlocking are questioned. Does suggesting alternative body narrations unlock the gaze brought to bear on the body?