Camille ROBCIS | Chaire Genre, Printemps 2022

Camille ROBCIS est professeure (Professor) d’histoire intellectuelle à l’université de Columbia, à New York. Ses recherches portent notamment sur les questions de genre et sexualité en histoire intellectuelle, culturelle, et politico-légale. Son premier livre, La loi de la parenté. La famille, les experts et la République (The Law of Kinship : Anthropology, Psychoanalysis, and the Family in France, Cornell University Press), examine comment lors des débats récents autour de la famille, plusieurs juristes et figures politiques en France ont eu recours aux concepts de l’anthropologie et de la psychanalyse structuraliste (et plus particulièrement, à la pensée de Claude Lévi-Strauss et Jacques Lacan) pour imposer une certaine conception de la famille.

Son deuxième livre, Désaliénation : politique, philosophie, et psychiatrie radicale en France (Univ. of Chicago Press) retrace l’histoire de la psychothérapie institutionnelle, un mouvement né en France pendant la Deuxième Guerre mondiale, ancré dans le marxisme et la psychanalyse lacanienne, dont le but était de repenser les bases de la théorie et la pratique psychiatrique. Elle travaille en ce moment sur un nouveau projet intitulé, La question du genre : populisme, reproduction nationale, et crise de la représentation qui s’intéresse aux origines et aux développements des mouvements contre la « théorie du genre » à travers le monde.

Camille Robcis est accueillie dans le cadre de la Chaire par l’École Universitaire de Recherche « Gender & Sexuality Studies » (EUR GSST, EHESS / Ined).

THÈME DE RECHERCHE

"La question du genre : populisme, reproduction nationale et crise de la représentation"

Comment et pourquoi l’idée d’une « théorie du genre » s’est-elle répandue à travers le monde depuis les années 1990 ? Beaucoup plus invoquée qu’expliquée, la « théorie du genre » est souvent présentée par ses opposants à la fois comme l’origine et la conséquence inévitable de lois visant à promouvoir l’égalité des droits des femmes et des LGBT+. L’intervention sera centrée sur le cas des manifestations contre « le mariage pour tous » en France et plus particulièrement sur le problème de la représentation politique lors de ces débats.