Pour une histoire féministe et décoloniale de la philosophie

Publié le 30 novembre 2021 par Héloïse Humbert

L’histoire de la philosophie, comme discipline et comme champ de recherches, paraît aujourd’hui en crise. Sous l’effet du développement indépendant des études post-coloniales et décoloniales d’un côté, des études féministes et de genre de l’autre, de nombreux/ses chercheur·es défendent l’idée d’un nécessaire renouvellement, en profondeur, de ses méthodes et de ses objets.

Les historien·nes de la philosophie continuent trop souvent à faire abstraction et à minoriser les théoricien·nes racisé·e·s, les femmes philosophes, réitérant ainsi l’exclusion ou la marginalisation dont ils et elles ont été les victimes en leur temps, qui n’est parfois pas si éloigné du nôtre. Or, l’exhumation de ces textes oubliés doit-elle se faire dans le cadre habituel de « l’histoire de la philosophie » ? Ne doit-elle pas, au contraire, nous conduire à en interroger le bienfondé ainsi que les limites du discours philosophique lui-même ?

L’enjeu de ce colloque, premier en son genre en France, serait de donner à entendre à un large public la richesse et la diversité des travaux en histoire féministe et décoloniale de la philosophie, mais aussi d’ouvrir un espace de débat au sujet des principes et méthodes alternatives à mettre en œuvre dans une recherche et un enseignement de la philosophie enfin décolonisés et démasculinisés.

- Jeudi 2 décembre, 18h30-20h, Auditorium de Saint-Charles 2

Conférence gesticulée de Carole HOSTEING (Université Picardie Jules Verne) "La philosophie ? C’est l’activité des hommes libres ! Petite histoire d’une oppression intellectuelle".

- Vendredi 3 décembre 2021, 9h-17h, Auditorium de Saint-Charles 2

Matin : enjeux épistémologiques et méthodologiques

9h : Mara MONTANARO (Université Paris 8) : Histoire de la philosophie et féminisme. Genèse et structure d’un objet « paradoxal » de réflexion théorique
10h : Jérémy BREDIN (Université de Liège) : Hipparchia : Une femme parmi les cyniques, une femme parmi les philosophes.
11h : Caroline FAYOLLE (Université de Montpellier) : L’épistémologie de l’histoire à l’épreuve des théories féministes

Après-midi : enjeux pédagogiques et didactiques

14h : Sébastien CHARBONNIER (Université de Lille) : Le refus d’enseigner la philosophie aux femmes : au nom de l’« esprit de sérieux », toujours infantiliser les minorités
15h : Louise FERTE (Université de Lille) : Anne-Marie Grauvogel (1868-1948), une figure de l’enseignement philosophique féminin au sein de l’ordre primaire

Session organisée par Aurélie Knüfer (CRISES, IUF) et Vanina Mozziconacci (CRISES).

Renseignements : philofemdeco@gmail.com

- Consulter l’annonce sur le site de l’Université Paul Valéry