Les nouvelles femmes de droite

Publié le 3 mars par Héloïse Humbert

Les nouvelles femmes de droite, Magali Della Sudda, éditions Hors d’atteinte, février 2022

Née entre les années 1980 et 2000, la génération des Millenials a grandi dans un monde où le référentiel égalitaire prévaut : cela a des effets aussi sur le militantisme féminin nationaliste. En mai 2018, le Parti nationaliste français poste une vidéo intitulée « Nationalisme : militer avec féminité à la cuisine ». Après une première séquence où des jeunes femmes vêtues de jupes longues font la cuisine et la vaisselle en chantant des louanges religieux, on les voit en bermuda s’entraîner à courir dans un torrent boueux sous les instructions d’un militant, avec en fond sonore des guitares électriques au son saturé.

La Manif pour tous, qui s’est violemment opposée en 2012-2013 à la loi portée par Christiane Taubira visant à ouvrir le mariage aux couples homosexuels, a été l’occasion pour de nombreux (futurs) acteurs de l’extrême droite de se rencontrer, de se former et de s’agréger. Quelques années plus tard, on voit éclore dans ce champ de multiples formations féminines, voire autoproclamées féministes, qui abordent la cause des femmes depuis une tradition nationaliste, réactionnaire ou identitaire. Qu’elles s’appellent les Caryatides, les Antigone ou le collectif Némésis, Eugénie Bastié, Marianne Durano ou la revue Limite, toutes contribuent à reconfigurer un champ médiatique et politique de plus en plus ancré à droite et de moins en moins lisible.

- Voir l’ouvrage sur le site de l’éditeur