Weaving Histories from Below in the Global South. Needlework, Gender, and Empowerment in Southern Africa

Publié le 1er mars par Héloïse Humbert

Appel à communications dans le cadre d’un colloque organisé par l’IFAS-Recherche, en partenariat avec le département d’histoire de l’université du Witwatersrand à Johannesbourg les 2 et 3 novembre 2022.

L’ambition de la conférence Weaving Histories from Below est d’étudier comment la riche culture matérielle des « travaux d’aiguille » (au sens large : broderie, tissage de perles, tissage, tapisserie, filage, tricot et crochet, etc.) peut donner accès à des voix, à des actrices et à des acteurs sociaux subalternes. Principalement liée aux femmes, cette culture est souvent considérée comme « modeste » par rapport aux productions masculines. Pourtant, au-delà de ses finalités pratiques, elle offre de véritables formes d’expression culturelle et artistique. Celles-ci forment en outre un secteur économique à part entière, dont l’importance a longtemps été minimisée, le travail des femmes étant souvent « gratuit » ou sous-payé. La place de ces activités dans le quotidien, à l’intersection de l’art et du travail, de la culture et de l’histoire, ainsi que leur matérialité et leur caractère non verbal et non textuel, sont particulièrement intéressants à mettre en lumière.

Les travaux d’aiguille font également partie de ce que l’on nomme à tort « traditions » mais où en réalité l’innovation est constante, des aiguilles d’os de la Préhistoire à la conception assistée par ordinateur actuelle. Les femmes noires, triplement marginalisées en raison de leur race, leur classe sociale et leur sexe, sont souvent invisibles dans les sources et les archives. Dans un tel contexte, les activités liées au textile et à l’ornementation ont le pouvoir de donner une voix à celles qui, autrement, ne seraient pas entendues, comme le souligne Clare Hunter. Le programme Amazwi Abesifazane (« Voix de femmes ») a par exemple permis à plusieurs milliers de femmes zouloues, sotho et xhosa de documenter leurs expériences de violence et de discrimination sous le régime d’apartheid, d’effectuer un travail thérapeutique, de nouer des liens avec d’autres femmes, et de trouver une place dans l’histoire.

En réunissant des chercheuses et des chercheurs d’horizons disciplinaires variés (histoire, histoire de l’art, anthropologie, archéologie, économie, sociologie, géographie, arts visuels, etc.), l’objectif principal de la conférence est de réfléchir à la manière dont un nouvel ensemble d’objets matériels et de pratiques peut offrir de « nouveaux sites » et peut encourager des « pédagogies critiques » innovantes à partir desquelles écrire des histoires genrées et subalternes. Cette perspective a depuis longtemps été défendue par Achille Mbembe et Sarah Nuttall, qui ont appelé à « identifier des sites au sein du continent, des points d’entrée et de sortie sur lesquels on ne s’attarde pas habituellement dans la recherche et le discours public et qui défamiliarisent les lectures de sens commun ».

Veuillez soumettre votre proposition avant le 30 avril 2022. Elle ne devra pas dépasser 300 mots (ou 2500 caractères) et sera accompagnée d’une courte notice biographique.

Adresses d’envoi : comm.research@ifas.org.za et sophie.dulucq@frenchinstitute.org.za

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