Modes de vie et pratiques spatiales des minorités sexuelles et de genre au-delà de la grande ville

Publié le 14 décembre 2021 par Héloïse Humbert

Cette session fait partie de la commission Genre et Géographie.

La session se déroulera en présentiel et les présentations sont possibles en français ou en anglais.

Les propositions de communications sont attendues jusqu’au 11 janvier 2022 sur le site du congrès. La réponse aux propositions de communications sera communiquée au plus tard le 21 janvier 2022.

DESCRIPTION DE LA SESSION

Les populations issues de minorités sexuelles et de genre ont longtemps été cantonnées dans les grandes villes, seuls espaces supposés leur offrir un environnement épanouissant à l’image des quartiers gays dont le développement s’est accru à partir des années 1970. A contrario, les territoires périphériques (villes moyennes ou de petites tailles, banlieues, villages ruraux…) sont souvent dépeints comme plus intolérants à ces populations, en lien d’une part avec un maillage commercial et associatif LGBTQ+ moins dense, mais également à un conservatisme sexuel et genré supposé plus fort dans ces territoires.

Pourtant, depuis la fin des années 1990, des travaux en sciences sociales, dont la géographie, ont permis la mise en évidence de parcours de vie plus nuancés pour des personnes issues de la communauté LGBTQ+ et vivant à l’écart des grands centres urbains (Gray, Johnson, Gilley, 2016 ; Phillips, Shuttleton, Watt, 2000). Néanmoins, valoriser ces expériences nécessite bien souvent de se défaire du prisme urbain qui entoure la culture LGBTQ+ à l’image de la vision métronormative introduite par Judith (Jack) Halberstam (Halberstam, 2005), et de recontextualiser celles-ci, non pas vis-à-vis des modes de vie urbains surreprésentés dans les études LGBTQ+, mais dans les territoires où elles se situent, et au regard des normes et des pratiques socio-spatiales de ces territoires.

Cette session vise à présenter des travaux mettant en lumière les expériences et les parcours de vie des populations issues des minorités sexuelles (personnes homosexuelles, bisexuelles, pansexuelles, etc.) et de genre (personnes transgenres, non-binaires, etc.) à l’écart des grandes villes. Elle s’intéresse particulièrement aux modes de vie et aux pratiques spatiales de ces populations dans des environnements encore peu étudiés en sciences sociales, notamment les espaces périurbains, les villes moyennes et petites villes, et les villages ruraux. On privilégiera notamment les approches prenant en considération les relations entre les cultures locales (normes genrées, sexuelles, et familiales, modes de sociabilisation, etc.) et les expressions ou pratiques genrées et sexuelles.

Les travaux présentés pourront, par exemple et de manière non exhaustive, s’intéresser aux thématiques suivantes :
La mobilité et/ou les migrations des personnes LGBTQ+ dans des contextes territoriaux où la faible densité de population est un réel enjeu pour le regroupement communautaire ; L’expression et la gestion des violences LGBTQ+phobes (homophobie, hétérosexisme, etc.) et de leurs impacts sur les pratiques spatiales des victimes potentielles ou réelles ; L’institutionnalisation et les réappropriations locales de la sexualité et du genre et l’application des lois, normes et des valeurs sociales.

  • Gray M., Johnson C., Gilley B. (2016). Queering the Countryside : New Frontiers in Rural Queer Studies, New York : New York University Press, 416 p.
  • Halberstam JJ. (2005). In A Queer Time And Place : Transgender Bodies, Subcultural Lives, New York : New York University Press, 213 p.
  • Phillips R., Shuttleton D., Watt D. (2000). De-Centering Sexualities, New York : Routledge, 312 p.

Animateur : Plouvier, Théophile, ULR 4477 TVES, Université du Littoral Côte d’Opale,
Email : theophile.plouvier@etu.univ-littoral.fr