Espace, genre et sexualités : où en sommes-nous ?

Publié le 14 décembre 2021 par Héloïse Humbert

Appel à communications - UGI 2022, 18-22 juillet, Paris
Commission Gender and Geography : Care, Connection and Change

Espace, genre et sexualités : où en sommes-nous ?

Mots clés : Genre, Sexualités, Espace, Féminisme, Queer

L’objectif de cette session est de proposer un état des lieux de la recherche en géographie du genre et des sexualités afin de rendre justice au dynamisme de ce champ de recherche dans la géographie contemporaine. Nous souhaitons encourager le dialogue entre jeunes chercheurs-ses francophones et anglophones, éparpillé-e-s dans le monde académique. Nous privilégierons les propositions de communication s’inscrivant dans le cadre des quatre axes suivants, incarnant des approches bourgeonnantes dans les travaux contemporains portant sur l’espace, le genre et les sexualités.

Durant la dernière décennie, les approches relationnelles ainsi que le mobility turn (Sheller & Urry, 2006) ont largement influencé les recherches dans les disciplines spatiales et ont participé au renouvellement des études sur le genre et les sexualités (Cattan & Vanolo, 2013 ; Nash & Gorman-Murray, 2014). Par quels moyens les chercheurs-ses se saisissent-ils et elles de ces évolutions épistémologiques et géographiques ? Quelles sont les conséquences sur les approches spatiales contemporaines du genre et des sexualités ?

Un deuxième élément d’évolution des sciences humaines et sociales est l’apparition et la forte valorisation des réflexions portant sur les méthodes employées. Comment cette attention portée aux méthodes d’enquête, qu’elles soient classiques ou innovantes, se traduit-elle dans les recherches spatiales sur le genre et les sexualités ? À l’heure de ce que certain-e-s qualifient d’un moral turn de la géographie (Lee & Smith, 2004), de quelle manière l’attention portée à l’éthique d’enquête et au respect des communautées enquêtées s’inscrit-elle dans les positionnements féministes et queer des disciplines spatiales ? L’interdisciplinarité est également de plus en plus valorisée dans les pratiques de recherche contemporaines, tout en ayant précocement marqué la géographie du genre et des sexualités (Blidon, 2007). Alors que la géographie contemporaine se saisit de plus en plus de notions clés de la sociologie (Blanchard, Estebanez & Ripoll, 2021), comment cette saisine s’opère-t-elle sur les questions de genre et de sexualités ? Les communications questionnant l’intérêt de la mobilisation d’approches issues d’autres disciplines pour démêler les multiples spatialités des rapports de genre et de sexualité seront ainsi particulièrement appréciées.

Troisièmement, genre et sexualités sont traditionnellement appréhendés séparément dans les disciplines spatiales. Les travaux précurseurs portant sur le genre et les sexualités, francophones et anglophones, ont été critiqués pour leur hétéronormativité (Hubbard, 2008), leur homonormativité (O’Brien, 2015) et leur cisnormativité (Doan, 2010), bousculant la séparation historique entre genre et sexualités. De nouveaux positionnements épistémologiques et méthodologiques comme les approches queer sont récemment apparus, pronant une approche scientifique remettant en question les binarités et frontières académiques, sociales et disciplinaires classiques (Vallerand, 2014 ; Prieur, 2015 ; Dadour,
2020). Quels ont été les apports de ces nouvelles approches dans la compréhension du genre et des sexualités dans les disciplines spatiales ? Les propositions de communication questionnant ou démontrant l’unité de ce champ de recherche, au-delà des différentes thématiques, seront particulièrement appréciées. Nous serons ainsi attentifs aux travaux mettant en avant les apports liés au croisement des questions de genre et de sexualité.

Enfin, ces approches nouvelles ont mené à l’étude de populations encore minoritaires dans les sciences humaines et sociales, notamment les populations queer, trans et intersexes. Quelle est la place de ces communautés dans les approches spatiales du genre et des sexualités ? Bénéficient-elles, et comment bénéficient-elles, du rapprochement des questions de genre et de sexualités ? Nous serons, enfin, sensibles aux réflexions portant sur les apports de l’ouverture des travaux sur l’espace, le genre et les sexualités aux populations directement concernées par la double-étiquette du genre et des sexualités, encore minoritaires dans les disciplines spatiales.

Modalités de participation

L’appel à participation s’adresse en particulier aux jeunes chercheurs-ses (masterant-e-s, doctorant-e-s, jeunes docteur-e-s) qui participent au renouveau des géographies du genre et des sexualités contemporaines. Les communications peuvent se faire en français ou en anglais.

Les propositions de communications peuvent être soumises en ligne jusqu’au 11 janvier 2022. Chaque proposition devra comprendre un titre (255 caractères espaces compris), un résumé (2000 caractères espaces compris), des mots clés (5 maximum) et une courte bibliographie (5 références maximum).

Coordinateurs de la session

  • Milan Bonté, Doctorant en géographie, laboratoire Géographie-cités, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. ATER à l’université Paris X - Nanterre, rattaché au LADYSS.
  • Jean Makhlouta, Architecte. Doctorant en géographie, laboratoire Géographie-cités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Chercheur associé laboratoire Architecture, Culture, Société, ENSA Paris Malaquais.
  • Clément Nicolle, Doctorant en géographie, laboratoire Géographie-cités, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

En cas de question à propos de la session, n’hésitez pas à nous contacter :
milan.bonte@parisgeo.cnrs.fr
jeanhmakhlouta@gmail.com
clement.nicolle@parisgeo.cnrs.fr

Bibliographie

Blanchard, S., Estebanez, J. & Ripoll, V. (2021). Géographie sociale. Approches, concepts, exemples. Malakoff, Armand Colin, “Cursus”.
Blidon, M. (2007). Distance et rencontre  : Éléments pour une géographie des homosexualités. Thèse de doctorat en géographie. Université Paris Diderot - Paris 7.
Cattan, N. & Vanolo, A. (2014). Gay and lesbian emotional geographies of clubbing : reflections from Paris and Turin. Gender, Place & Culture : A Journal of Feminist Geography, 21(9), 1158– 1175.
Dadour, S. (2020). Introduction. Architecture et féminisme : de la théorie critique à l’action. Re-vue Malaquais, no. 6, 4–19.
Doan, P. L. (2010). The tyranny of gendered spaces – reflections from beyond the gender dichotomy. Gender, Place & Culture, 17(5), 635–654.
Hubbard, P. (2008). Here, There, Everywhere : The Ubiquitous Geographies of Heteronormativity : Geographies of Heteronormativity. Geography Compass, 2(3), 640-658.
Lee, R., & Smith, D. M. (Éds.). (2004). Geographies and moralities : International perspectives on development, justice, and place. New Jersey, Blackwell Pub.
Nash C.J. & Gorman-Murray, A. (2014). LGBT Neighbourhoods and ‘New Mobilities’ : Towards Understanding Transformations in Sexual and Gendered Urban Landscapes. International Journal of Urban and Regional Research, 38(3), 756–772.
O’Brien, J. (2015). Heterosexism and homophobia. In J. D. Wright (Éd.), International encyclopedia of the social & behavioral sciences (pp. 790–795). Second Edition. Amsterdam, Elsevier.
Prieur, C. (2015). Des géographies queers au-delà des genres et des sexualités ?. EspacesTemps.net.
Sheller, M. & Urry, J. (2006). The New Mobilities Paradigm. Environment and Planning A : Economy and Space, 38(2), 207–226.
Vallerand, O. (2014). Making Homes, Building (Self-)Identities : Queer subversions of Domestic Space, 1994-2004. Thèse de doctorat en architecture. Université de McGill.