Axe 5. Violences - Pouvoir – Conflits

Le rapport à la violence est historiquement mobilisé pour définir les normes de genre. Des stéréotypes divins opposant Mars à Vénus au renvoi à la nature, les violences seraient structurantes des rapports entre hommes et femmes selon le modèle des femmes donnant la vie et les hommes la mort.
La violence met en jeu les identités de genre féminines et masculines car elle est outil de pouvoir, outil politique, outil légal ou pensé comme légitime par celles et ceux qui y recourent. Inscrites dans des rapports de pouvoirs, les violences traduisent des formes de conflictualité aussi bien collectives qu’interpersonnelles.

Trois pistes de questionnement sont proposées.

Définir la violence

Comment les formes, les gestes et les mots de la violence distinguent femmes et hommes ? Peut-on parler de violence genrée, si les femmes sont très majoritairement les cibles des violences sexuelles, si le corps à corps combattant est plus souvent l’affaire des hommes ? Qu’en est-il également d’autres formes de violence en apparence moins discriminées, telles les émeutes urbaines, les attentats, les bombardements ou les chambres à gaz ?

Déterminer les protagonistes

Si la frontière auteur/victime demeure tranchante, elle ne saurait, ni se superposer à la frontière de genre, ni englober tous les acteur·trices. Pour comprendre les mécanismes de l’exercice de la violence comment envisager les conditions sociales et culturelles qui les favorisent comme cela a pu être fait avec le « modèle militaro-viril », ou plus récemment la « culture du viol » ? D’autre part, l’on sait peu de choses des femmes actrices de la violence, ou inversement de celles et ceux qui se tiennent hors de l’affrontement, voire le contestent par refus de la violence.

Mesurer les effets

Quelles transgressions ou renforcements de normes de genre la violence génère-t-elle, que ce soit en situation de paix ou pour répondre à un état de guerre et/ou d’occupation, mais également à des formes autoritaires, en système colonial, en dictature mais parfois aussi en régime démocratique ?
Ces moments de violence, quelle que soit leur durée, marquent par leur intensité durablement les sociétés et les individus qui les vivent. Il importe d’étudier les traces laissées par ces accès de violence, sur les femmes et les hommes. Comment le genre intervient-il dans les expériences individuelles et collectives des deuils, des blessures, des traumatismes, dans la construction des mémoires et des silences ?