La Chaire "Genre" 2021

En 2021, la Chaire "Genre" du GIS Institut du Genre accueillera deux chercheuses étrangères pour une durée d’un mois : Sara BORILLO, chargée de cours à l’Université Roma Tre où elle enseigne le Droit Islamique et chercheuse postdoctorale à l’Université Internationale de Rabat ; et Cheryl TOMAN, spécialiste de littérature africaine francophone féminine, professeure titulaire de français à l’Université d’Alabama.

Sara BORILLO

Sara Borrillo est actuellement chargée de cours à l’Université Roma Tre où elle enseigne le Droit Islamique. Elle est également chercheuse postdoctorale à l’Université Internationale de Rabat. En 2014 elle a obtenu son doctorat à l’Université de Naples L’Orientale où elle a ensuite été chercheuse postdoctorale (2015-2019). Entre 2016 et 2018, elle a été chargée de cours à l’Université de Macerata, où elle a enseigné l’Histoire des pays islamiques. Elle a été chercheuse associée au Centre Jacques Berque pour les Sciences Humaines et Sociales (CNRS) à Rabat (2012-2014) et chercheuse invitée à l’IRMC (Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain) à Tunis (2016). Ses intérêts de recherche portent principalement sur l’histoire des mouvements des femmes, les politiques de genre et l’islam, les féminismes laïques et islamiques, les nouvelles autorités religieuses féminines, la pensée islamique contemporaine, l’artivisme et les transformations socio-politiques après les soulèvements de 2011 au Moyen Orient et en Afrique du Nord.
https://unior.academia.edu/SaraBorrillo

Projet de recherche - Artivisme, genre et reconfiguration de l’activisme dans l’espace public au Maroc et en Tunisie après les soulèvements de 2010-2011

Ce projet vise à explorer l’impact sur la reconfiguration des relations, visibilités et droits de genre dans l’espace public des nouvelles formes d’activisme impliquant des pratiques créatives pour une nouvelle citoyenneté égalitaire en Afrique du Nord, après les soulèvements de 2010-2011. En particulier, la recherche vise à détecter et à réfléchir sur les dynamiques et le potentiel révolutionnaire de « l’artivisme » (l’activisme par l’art) produits dans le cadre de l’engagement social et politique des militants marocain-ne-s et tunisien-ne-s critiques envers de formes croisées d’inégalités et d’injustice. Dans un contexte de désenchantement et d’exclusion vécue après la répression qui a suivi le moment révolutionnaire, ce projet vise à observer comment et pour quelles raisons des reconfigurations des modes de contestations sont réalisées à travers la production d’une nouvelle « citoyenneté esthétique », qui consiste en des « actes de citoyenneté » réinventée, où la dissidence est affichée sous forme de performances fictives qui font irruption dans l’espace de la cité.

Cheryl TOMAN

Cheryl Toman est spécialiste de littérature africaine francophone féminine et professeure titulaire de français à l’Université d’Alabama. Entre 2003 et 2020, elle était directrice du Programme d’études féministes et titulaire de la chaire Ruth Mulhauser à la Case Western Reserve Université (USA). Elle travaille actuellement sur une étude monographique sur les auteures maliennes après avoir publié deux livres, Women Writers of Gabon (2016) et Contemporary Matriarchies in Cameroonian Women’s Writing (2008). Ses essais se trouvent dans une cinquantaine de revues et d’ouvrages critiques. Elle s’est vu décerner deux fois la bourse Fulbright et en 2011, elle était en résidence de chercheuse à la Maison Dora Maar à Ménerbes en France pour son projet de livre sur les romancières gabonaises. Elle a été nommée « Officier » de l’Ordre des Palmes Académiques en 2020.

Projet de recherche - L’écriture féminine et le wassoulou au Mali : les voix de la lutte contre les violences à l’égard des femmes

La sociologue Tanella Boni analyse la violence contre la femme africaine en identifiant les responsables multiples : le colonialisme, la tradition, l’homme, et parfois la femme elle-même (2008). Au Mali, l’écriture féminine et le genre musical connu sous le nom de wassoulou sont les outils que certaines Maliennes non-initiées utilisent pour s’exprimer contre les injustices qu’elles subissent. J’écris actuellement un livre qui est une étude comparée de la littérature féminine et du wassoulou au Mali. Je propose comme projet de recherches de travailler précisément sur ce livre et plus précisément sur un chapitre et des parties des chapitres qui se concentrent sur des textes et des paroles des chansons wassoulou qui entament le sujet des conflits politiques et des attentats au Mali. Ces textes dénoncent toutes les formes de violences faites aux femmes tout en soulignant que les hommes et les femmes vivent différemment un conflit et ses violences associées.