Traduire le genre

Publié le 26 janvier par Institut du genre

Séminaire du Laboratoire d’Études de genre et de sexualité (LEGS UMR 8238)

Ce séminaire mensuel, réunissant l’ensemble de notre laboratoire, mais ouvert à tou.te.s, met la notion de traduction – dans divers sens, linguistique bien sûr, mais aussi culturel et politique – au centre d’une réflexion sur les potentialités mais aussi les limites des études de genre en tant que champ de recherche à la fois transdisciplinaire et transnational. Pour étudier le transfert d’idées au-delà des frontières, le genre est en effet un exemple privilégié, tant les études de genre s’internationalisent. En outre, aujourd’hui, l’internationalisation des campagnes contre la (supposée) « idéologie (ou théorie) du genre » contribue à diffuser le mot bien au-delà du monde universitaire, ce qui nous engage à réfléchir à nouveaux frais à son impact social en même temps qu’à sa portée politique. Il convient donc de réfléchir en mobilisant la notion de traduction culturelle, comprise comme une théorie et une pratique qui révèlent les limites des discours hégémoniques et universalisants, aidant ainsi à « situer » la connaissance dans des contextes précis. Le « genre » n’est pas un concept qui peut être utilisé universellement, indépendamment des contextes, selon des paramètres préfixés ; au contraire, cette notion se trouve modifiée et enrichie lorsqu’elle est employée dans des contextes politiques et culturels divers et en particulier dans des langues différentes.

5 février 2021, 17h-19h
Performance et performativité du genre à partir de et au-delà de Austin et Butler
Avec Luca Greco et Mona Gérardin-Laverge
Lien de connexion : https://zoom.us/j/2217034154

Cette communication se fera à deux voix : celle d’une philosophe et d’un linguiste. A partir d’un cadre théorique s’inspirant de la linguistique queer et de la philosophie féministe, nous interrogerons les travaux d’Austin et de Butler sur les notions de performativité et de performance de genre à partir de deux enquêtes menées par les deux invitéEs à ce séminaire : un corpus de slogans féministes et d’ateliers drag kings. Une première analyse de ces données nous permettra d’interroger les pierres d’achoppement de ces deux notions par une vision empirique, temporelle et multimodale des processus de construction et de deconstruction du genre et de proposer une vision ‘locale’ (des participantEs à l’interaction) de la performativité de genre, ce que nous appelons une compétence méta-performative.

Présentation de la séance et programme complet du séminaire