Taire, confier, révéler. Le secret, de l’intime au social

Publié le 5 janvier par Institut du genre

Séminaire de recherche interdisciplinaire, EHESS, Paris, programme ANR DERVI-Dire, Entendre, Restituer les Violences Incestueuses (CNRS, EHESS, Université Sorbonne Paris Nord).
Dates : le jeudi, de 17h00 à 20h00
Lieu : EHESS, 105 boulevard Raspail 75006, Paris, salle 8, ou en visioconférence, selon l’évolution de la situation sanitaire (vérifier sur le site de l’ANR DERVI, voir le lien à la fin).

Présentation :
Témoignages de victimes, travaux anthropologiques ou historiques, rapports de professionnels de la justice ou de l’aide sociale à l’enfance, tous le montrent : les histoires d’inceste, compris comme une relation sexuelle engagée avec un enfant dans le cadre familial, sont des histoires de secret. Caché, plus ou moins volontairement ou consciemment préservé, le secret est difficile, voire impossible à révéler ou à découvrir.
Lié au tabou, le secret de l’inceste résulte de « l’injonction au silence, véritable règle d’or de la famille incestueuse » (D. Dussy et L. Le Caisne), qui scelle la relation de domination entre la victime et son agresseur, confirmant l’interdit de l’inceste tout en autorisant sa transgression. Comprendre en effet comment les violences incestueuses, quoique publiquement dénoncées comme un mal absolu, perdurent dans la trame ordinaire du quotidien et peinent à accéder à la visibilité et à être judiciarisées, implique de prendre en compte le secret qui pèse sur elles, son rôle et son fonctionnement dans les familles concernées par l’inceste, voire dans leur entourage et plus largement dans la société.

Afin d’éclairer l’inceste et de mieux comprendre ce qui empêche ou permet de le dire, de l’entendre et de le restituer aujourd’hui, le séminaire, animé par les anthropologues et les historiennes de la recherche ANR DERVI (« Dire, Entendre, Restituer les Violences Incestueuses »), propose de réfléchir à la thématique du secret, dans une perspective large.

Séance 1. Jeudi 28 janvier 2021 : Secret(s) de famille, traces et transmission
Charlie DUPERRON (sociologue, CEMS, EHESS) : « « Ce qui vaut la peine d’être dit ». Réflexions sur la place des secrets dans la recherche de personnes désignées comme disparues »

Muriel KATZ (psycho-clinicienne, université de Lausanne) : « Un secret bien gardé en cache souvent un autre : témoigner après un génocide pour donner voix aux absents comme à sa propre histoire »

Séance 2. Jeudi 11 mars 2021 : Secret(s)de la confession et Église
Paola DIAZ (sociologue, ICSO-UDP-COES/CEMS, EHESS) : « Abus ecclésiastique : d’un silence global à un problème public transnational (Chili/Etats-Unis) »

Anne-Françoise PRAZ (historienne, université de Fribourg) : « Les murs du silence. Dissimulation et révélation des abus sexuels sur enfants dans un établissement catholique en Suisse »

Séance 3. Jeudi 8 avril 2021 : Secret(s) des origine(s) : l’adoption
Marie-Christine LE BOURSICOT (magistrate, Conseiller honoraire à la Cour de cassation, ex-Secrétaire générale du Cnaop) : « L’accès des personnes adoptées à leurs origines personnelles »

Yves DENÉCHÈRE (historien, TEMOS-CNRS FRE 2015, université d’Angers) : « Secret(s) de l’adoption : approche historique contemporaine »

Séance 4. Jeudi 20 mai 2021 : Secret(s) et travail social
Sylvaine CAMELIN (anthropologue, université de Paris-Nanterre, LESC) : « Entre secret et prudence : la gestion des informations personnelles dans la prise en charge des enfants confiés à l’ASE »

Véronique BLANCHARD (ENPJJ) : « Secret ou surdité ? La justice des enfants face aux violences sexuelles sur mineures (1950-1960) »

Séance 5. Jeudi 3 juin 2021 : Secret(s) et crimes de masse (sous réserve)
Marie-Jeanne SARDACHTI (substitut du procureur, Cour pénale internationale de La Haye) : « Révéler les crimes sexuels : l’exemple de Tombouctou en 2012 » (sous réserve)

Séance 6. Jeudi 24 juin 2021 : État, droit(s) au(x) secret(s), identités
Dominique MEHL (sociologue, IRISSO, LCP, CNRS) : « Enfants du don. Secret et anonymat »

Sévane GARIBIAN (juriste, Fonds national suisse, université de Genève) : « (Dés)affilier. Disparitions et réapparitions forcées de la vérité en Argentine »

Présentation et programme complet