Séminaire GEFEM-GECRIS, TELEMMe

Publié le 2 mars par Institut du genre

Séminaire GEFEM-GECRIS, TELEMMe, Aix-Marseille Université
Coordination : Karine Lambert

11 février 2021, 17h30-19h, en visioconférence
Genre, résistance et innovations sociales dans l’espace euro-méditerranéen en situation de crise(s)
Estelle Ferrarese (UPJV) : Crise et justice de genre
Je m’essaierai à tisser ensemble, en tant que philosophe, crise et justice de genre. D’un côté, une longue tradition en philosophie part de la racine grecque commune de « crise » et de « critique » pour faire de la crise l’élément déclencheur d’un processus réflexif susceptible de doter la société qui la subit des moyens de la dépasser. Cela ne signifie bien évidemment pas que toute crise déboucherait automatiquement sur son propre dépassement, mais que c’est en elle-même que se situent les ressorts de sa résolution éventuelle. Et la solution de la crise entraîne une libération du sujet qui y est impliqué. C’est alors d’une crise que peut surgir davantage de justice (de genre ou non).
D’un autre côté, Simone de Beauvoir énonçait dans Le deuxième sexe son « il suffira d’une crise » : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis »
Comment alors appréhender cette tension afin de penser alors la crise d’un point de vue féministe ?

11 mars 2021, 15h-17h, en visioconférence
Marc Calvini-Lefebvre ( LERMA) : Le féminisme à l’épreuve de la guerre (part 2) : l’apport de l’étude des idées
inscription obligatoire : marc.calvini-lefebvre@univ-amu.fr
Nous avons vu lors d’un précédent séminaire comment l’historiographie anglophone au tournant des années 1980-1990 fut animée par la question de savoir quelle réponse du mouvement suffragiste britannique à la guerre de 1914 était la plus "féministe" de la "patriote" ou de la "pacifiste". Nous avons tenté de montrer que le résultat en fut un appauvrissement du projet partagé d’une histoire des idées féministes au Royaume-Uni, projet qui aurait beaucoup à gagner - c’est du moins notre argument - à s’appuyer sur les travaux en études des idées politiques (théorie politique, études des idéologies, histoire des idées politiques). Dans cette seconde intervention, nous présenterons, en guise d’illustration de l’intérêt d’une telle approche, le cas des suffragistes qui décidèrent de rejeter aussi bien l’appel au drapeau que l’appel à la paix. Complètement ignorée de l’historiographie car n’intégrant pas ses cadres d’interprétation, cette réponse nous semble pourtant l’une des plus saisissantes de l’époque et l’une des mieux à même de nourrir la pensée féministe contemporaine sur la guerre.

15 avril, 10H-17h : Séminaire jeune recherche en partenariat avec le RUSEMEG et le LAMES
Camille Caporos : La pratique de l’écriture chez les femmes de la noblesse de France méridionale
Alessandra Doria : Nous les femmes...Analyse des identités collectives sous la période révolutionnaire
Soizic Morin : Le rôle des femmes durant les épidémies dans le département des Bouches-du-Rhône au XIXe siècle (en particulier les épidémies de choléra et de variole)
Mélina Joyeux : Une histoire des quotidiens féminins en situation coloniale (Algérie, Tunisie, Maroc - 1870-1954)
Mounira Tarchoun : les waqfs des mosquées de Sfax d’après les archives
Zoé Dubus : Margot Cutner, Joyce Martin et Betty Eisner : trois pionnières du concept de "set and setting" dans les thérapies psychédéliques
Loric Mandrou : Entre ritualisation des normes de genre et performances artistiques subversives : approche géographique d’un festival itinérant en Algérie

20 mai, 10h-17h : Journée d’études ( organisée par Martine LAPIED et Karine LAMBERT)
Crises politiques et normes de genre : innovations, adaptations, résistances dans l’Europe du Sud au XIXe siècle

Programme complet