Traductologies féministes

Publié le 4 février par Institut du genre

GLAD !, revue sur le langage, le genre, les sexualités, n° 9, 2020, dossier issu du projet de recherche FELiCiTE (Féminismes en Ligne : Circulations, Traductions, Éditions), sous la direction de Vanina Mozziconacci, Héloïse Thomas et Samantha Saïdi.

Ce dossier revendique non l’exhaustivité ou la finalité dans ses analyses, mais la multiplication des regards portés sur les relations entre traduction et féminisme. Refusant d’avoir le « mot de la fin », les traductologies féministes déstabilisent, voire renversent, les paradigmes traductologiques implantés qui, arrimés à une conceptualisation genrée de la création et du langage, hiérarchisent et dépolitisent le processus de traduction. Elles déjouent frontières, censures ou notions d’intraduisibles pour libérer les idées des empêchements patriarcaux et coloniaux. Il ne s’agit même plus de subvertir les notions de fidélité, d’objectivité, ou de genre grammatical par exemple, mais bien de les refonder en les désenclavant et en les recontexualisant, c’est-à-dire en les réinscrivant dans des réseaux de création et de circulation des idées, et en les articulant à une approche pluridisciplinaire du langage et des textes. La pluralité des traductologies féministes les conduit également à réintégrer une forte dimension éthique et politique, non en imposant une grille d’analyse particulière mais en faisant ressortir les instabilités et ambiguïtés sémantiques originelles, cela afin de soustraire le texte à certains carcans herméneutiques hégémoniques et de favoriser la multiplicité des lectures.

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