Éthique et questions de genre

Publié le 5 janvier par Institut du genre

Revue d’éthique et de théologie morale, n° 308, Éditions du Cerf, 2020/4, 130 p.

Dans l’exhortation apostolique post-synodale sur La Joie de l’amour, le pape François évoque brièvement la question du « genre ». S’il dénonce le risque d’une idéologie qui « nie la différence et la réciprocité naturelle entre un homme et une femme », il reconnaît pour la première fois dans un texte magistériel la distinction, mais non la séparation, entre « le sexe biologique (sex) et le rôle socioculturel du sexe (gender) » (AL 56). Cette distinction permet de légitimer des « études de genre » qui analysent les rapports de pouvoir, la répartition des rôles, les structurations des identités et des orientations sexuelles, ainsi que les pratiques sexuelles des hommes et des femmes. Ces études placent donc la réalité sociale et culturelle sous un regard nouveau, en étant attentives à l’interférence entre la culture, les identités sexuées et les rôles sociaux. À ce titre elles concernent l’éthique car elles nous rendent sensibles aux relations de pouvoir entre les sexes et à de possibles discriminations vis-à-vis des personnes aux identités jugées non conformes. Elles indiquent comment se structurent des comportements et des manières de penser les relations entre les sexes tant dans la société que dans les Églises.
Le dossier trace quelques jalons, en insistant davantage sur les identités et les relations de pouvoir, afin d’éclairer le débat et de permettre un abord pacifié d’un sujet sensible pour chacun de nous, pour les confessions chrétiennes, pour les religions et pour toutes les sociétés.

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