Gestion de la maternité incarcérée : dispositif de genre et paternité d’État au Brésil

Publié le 27 septembre par Institut du genre

Dans le cadre du séminaire« Genre et monde carcéral : trajectoires et sociabilités carcérales », MSH Paris-Saclay & MSH Paris Nord, IDHES/ ENS Paris-Saclay.

Conférence d’Ana Gabriela Braga, criminologue, Universidade Estadual Paulista, Rio de Janeiro.
Discutant et traducteur de la séance : Thamy Ayouch, Professeur Genre, normes et psychanalyse, Université Paris Diderot

Avec ce travail, Ana Gabriela Braga propose d’analyser la maternité emprisonnée à partir de deux catégories : l’augmentation punitive de genre et la paternité d’État. C’est à partir de ces deux concepts qu’elle discute la manière dont le système pénitentiaire capture la vie des femmes et des enfants en prison, notamment des pauvres et des noirs, des femmes étrangères en particulier.

Cette réflexion est le résultat de la recherche Maternité emprisonnée dans une perspective comparative : expérience de vie et séparation dans une prison pour femmes, qui a pour objectif de connaître les expériences et les possibilités de l’exercice de la maternité en privation de liberté, dans une prison pour femmes au Brésil. En essayant de penser comment les différentes articulations des catégories de genres, de classes sociales, de races et de la condition d’étranger ont un impact sur la maternité emprisonnée.

En ce siècle, avec l’expansion exponentielle de l’incarcération féminine, la prison est devenue un élément clé de la gouvernementalité du corps des femmes, et ainsi sur l’exercice de la maternité dans ces espaces et à l’extérieur. Les femmes capturées par le système de justice pénale souffrent un accroissement du pouvoir sur leurs corps et leurs affects. Dans ce scénario- de la frénésie d’incarcération- l’État constitue un père qui produit des vies balayées et traversées par l’abandon, les privant ainsi de l’exercice de l’autonomie et de la subjectivation, dans la mesure où il régit non seulement le mode d’arrestation, mais aussi les aspects plus profonds et capillaires de l’existence.

Mardi 8 octobre 2019, 16h-18h
MSH Paris Nord, salle 404
20 avenue George Sand 93210 Saint-Denis La Plaine
(Ligne 12, Front populaire)