Famille, pouvoir et inégalités

Publié le 19 novembre par Institut du genre

Journée de l’unité Genre, sexualité et inégalités de l’Ined

Les sciences sociales qui ont abordé la famille – démographie, sociologie, économie – se sont intéressées aux relations intergénérationnelles, aux solidarités et aux dépendances, à la division du travail domestique et parental, aux modèles éducatifs et conjugaux. Les liens qui unissent ses membres, les évolutions des modèles familiaux et conjugaux, la spécificité des relations qui s’y nouent, l’arsenal normatif qui définit les rapports entre ses membres ont fait l’objet de nombreux travaux, du moins en ce qui concerne les contextes occidentaux contemporains. Si certains d’entre eux tendent à brosser une image protectrice et heureuse de la famille, d’autres s’attachent aux disputes qui y ont lieu, aux rapports de pouvoir qui s’y jouent et aux asymétries entre ses membres. La famille apparaît alors comme un espace conflictuel, voire une chambre d’écho des inégalités sociales : elle n’est pas seulement, comme l’ont montré de nombreuses enquêtes, une structure qui reproduit les inégalités, mais un espace social inégalitaire. C’est une piste tracée de longue date par les études féministes en contestant la frontière entre le privé et le politique. Elles ont montré que la famille comme sphère privée pouvait être un espace de violence, et plus largement un des lieux de production des inégalités de genre. Plusieurs recherches récentes reprennent ces interrogations et en diversifient les objets dans un contexte de multiplication des normes familiales. La famille apparaît alors comme un espace où femmes et hommes, enfants et adultes ont des statuts et des positions distinctes, et variables selon les milieux sociaux. Consacrée à ces inégalités qui traversent et structurent la famille, la journée en interroge les formes spécifiques.

30 novembre 2020, 9h-18h
Campus Condorcet, Centre des colloques, Auditorium 150

Programme et inscription