Érotismes en comparaison : ce que la « pédérastie » grecque fait à la sexualité moderne

Publié le 16 janvier par Institut du genre

Journée d’étude organisée par Sandra Boehringer (Université de Strasbourg) et Claude Calame (EHESS), avec le soutien du Centre AnHiMA (UMR 8210), du Centre de recherches Psychanalyse, Médecine et Société (CRPMS, EA 3522) et du CRAL (UMR 8566).

Dans la tradition moderne, les relations homosexuelles des Anciens ont été réduites aux relations entre éraste et éromène et, dans cette mesure, elles ont été traitées en termes de pédérastie. En idéalisant une Athènes classique attachée aux valeurs du citoyen et à la fonction éducative du symposion, on a longtemps toléré ces pratiques en les considérant comme une spécificité grecque, révolue.
Au terme du XXe siècle, deux tournants ont porté à une mise en cause fondamentale de ce consensus. D’une part, sur le plan documentaire, on a bénéficié de la publication de nouveaux poèmes de Sappho et de la relecture de chants homoérotiques destinés, à Sparte, à des jeunes filles. D’autre part, du point de vue épistémologique, le retour à Freud, les recherches de Foucault sur l’histoire de la sexualité, suivis par le développement des études de genre, ont transformé notre appréhension des pratiques sexuelles et amoureuses de Grecques et Grecs.
Dans une démarche comparative, il s’agira, dans l’échange entre anthropologues, psychanalystes et sociologues, de confronter les pratiques « homoérotiques » grecques aux pratiques d’autres cultures, en étant sensible en particulier à leur fonction rituelle. Et dans la perspective complémentaire d’un retour critique sur la modernité, ce sera l’occasion de mettre en cause nos propres concepts d’homo- et d’hétérosexualité, pour les hommes comme pour les femmes.

Samedi 25 janvier 2020, 14h30-18h30
INHA, salle Fabri de Peiresc
2 rue Vivienne, Paris 2e

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