Réappropriations : Paradoxes des stratégies féministes d’émancipation

Publié le 2 janvier par Institut du genre

Les cadres conceptuels et symboliques d’une relation de domination peuvent-ils être mobilisés à des fins émancipatrices ? Face aux valeurs traditionnellement associées au « féminin », les mouvements et pensées féministes sont confrontés à un dilemme épineux. D’un côté, leur rejet perpétue la dévalorisation portée par la culture dominante, et reconduit la supériorité de l’éthos dit « masculin ». D’un autre côté, les mettre en avant et les revendiquer risque de renforcer les catégories binaires du genre, ré-assignant les femmes à des positions traditionnellement féminines. Puisqu’elles donnent un contenu normatif à la catégorie « femme », ces réassignations peuvent exclure celles qui ne se reconnaissent pas dans les normes du « féminin » : les femmes qui ne veulent pas d’enfants, celles qui aiment les femmes, et toutes celles qui ne se retrouvent pas dans les canons de la féminité blanche. Dès lors, comment constituer des subjectivités politiques collectives ?

Journée d’étude
Sciences Po, Paris, 18 juin 2020
Date limite d’envoi des propositions : 15 février 2020

Appel complet