Violences sexistes et sexuelles : #MeToo et après ?

Seconde plénière du Congrès « Genre et émancipation », Université d’Angers, 30 août 2019


Depuis fin 2017, suite aux accusations contre le producteur Harvey Weinstein, le mouvement #Metoo et ses avatars quasi mondialisés, ainsi que les nombreux Tumblr « Paye ta... » et autres réseaux, ont apporté la démonstration que les violences sexuelles et sexistes se déroulent dans tous les espaces de vie, dans de nombreux pays, et pas seulement à Hollywood dans les milieux artistiques. L’interconnexion globalisée a, plus qu’auparavant, brisé le sentiment d’isolement, a « cassé » le préjugé de problèmes individuels ou culturels et a de fait encouragé peut-être des millions de témoignages, entraînant et cristallisant un élan de solidarité au-delà des militantes et spécialistes des violences.

Dans cette plénière, consacrée à trois pays – Costa Rica, Suède, Maroc – il s’agira tout autant de montrer dans quel héritage ce mouvement de « libération de la parole » s’inscrit, que de s’interroger sur la « nouveauté » de l’événement, et dans quelle mesure il donne une nouvelle résonance aux luttes contre les violences, dans chacun des espaces envisagés.


Avec (par ordre d’intervention) :
Chadia Arab, présidence
Géographe et chargée de recherche au CNRS, membre de l’UMR Espace et sociétés d’Angers. Ses travaux portent principalement sur les migrations internationales. Elle s’intéresse également au genre dans les migrations, à la citoyenneté, aux discriminations et au rapport au corps dans les pays arabes. Elle a publié Les Aït Ayad : la circulation migratoire des Marocains entre la France, l’Espagne et l’Italie (PUR, 2009).

#NiUnaMenos et la lutte contre la violence : au-delà de #MeToo en Amérique latine
Montserrat Sagot, professeure de sociologie à l’Université du Costa Rica, directrice du CIEM (Centre de recherche et d’études sur les femmes). Elle a travaillé sur le concept de féminicide, comme forme de nécropolitique, et sur la violence à l’encontre des femmes en Amérique latine. Elle a publié un ouvrage sur le féminicide au Costa Rica (2000), et un autre sur la trajectoire des femmes affectées par la violence intrafamiliale dans dix pays d’Amérique latine (2001)

#Masaktach : un combat contre les violences sexuelles au Maroc
Houria Alami M’Chichi, professeure en science politique et relations internationales à la Faculté de droit de Casablanca, Université Hassan 2. Elle a écrit Genre et féminisme d’État au Maroc. Jeux et enjeux politiques (L’Harmattan, 2010) ; Un autre regard sur les migrations. Expériences du Maroc (L’Harmattan, 2018).

Le raz-de-marée qui a failli couler l’Académie suédoise, le Théâtre national et la présidence de l’Assemblée
Elizabeth Elgán, historienne, professeure à l’Université de Stockholm. Son champ de recherche concerne les mouvements sociaux. Au sujet des féministes elle a publié un livre, en suédois, sur les jeunes féministes suédoises des années 1970 ainsi qu’un article en anglais sur les aspects méthodologiques des recherches sur le féminisme, dans un ouvrage collectif sur les mouvements féministes des années 1970 (Schulz, Kristina (red.), The women’s liberation movement, New York, 2017).