La mondialisation des mouvements anti-genre : qu’en disent les études de genre ?

Première plénière du Congrès de l’IdG « Genre et émancipation », Université d’Angers, 27 août 2019


Le point de départ des mouvements anti-genre en France, nourris par l’opposition catholique au droit à l’IVG et aux unions homosexuelles mise en œuvre dès les années 1990, a été une protestation contre l’introduction du terme de genre dans les manuels de SVT en 2011. Prolongés par les mobilisations contre la proposition de loi sur le mariage des personnes de même sexe en France en 2013, et par les campagnes contre la « théorie du genre », ils ont pris désormais une ampleur mondiale. Comment et par quels relais ces campagnes « anti-genre » se sont-elles implantées en Italie, dans toute l’Europe catholique et désormais en Amérique du Sud, notamment au Brésil (mouvement École sans parti) ? Sur quel terreau politique et avec quelles conséquences pour les personnes LGBTQI et les droits des femmes ?

Visées par ces attaques, les études de genre permettent également d’analyser leur articulation avec diverses logiques politiques : les évolutions politiques de courants religieux fondamentalistes ou identitaires, l’anti-intellectualisme, le néo-libéralisme, les formes nouvelles du conservatisme.

Avec (par ordre d’intervention) :
Florence Rochefort, présidence
Historienne, spécialiste de l’histoire des féminismes, elle poursuit ses recherches sur féminismes, genre, religions et sécularisation au sein du Groupe Sociétés Religions Laïcités (EPHE/CNRS/PSL). Elle codirige la revue CLIO Femmes Genre Histoire et vient de publier Histoire mondiale des féminismes (PUF, 2018).

David Paternotte, professeur associé en sociologie à l’Université libre de Bruxelles. Son travail porte sur le genre, la sexualité et les mouvements sociaux et met l’accent sur le militantisme gai et lesbien transnational. Auteur de l’ouvrage Revendiquer le « mariage gay » : Belgique, France, Espagne (Éditions de l’Université de Bruxelles, 2011), il a co-dirigé l’ouvrage collectif Campagnes anti-genre en Europe : Des mobilisations contre l’égalité (Presses Universitaires de Lyon, 2018).

Sara Garbagnoli, sociologue et féministe, doctorante à l’Université Paris 3. Ses recherches portent sur la théorie féministe, l’analyse du discours et la sociologie des mouvements sociaux. Avec Massimo Prearo elle est l’auteure de La croisade « anti-genre ». Du Vatican aux Manifs pour Tous (Textuel 2017). Elle a récemment participé aux ouvrages Antiféminismes et masculinismes d’hier et d’aujourd’hui (PUF, 2019) et Campagnes anti-genre en Europe. Des mobilisations contre l’égalité (PUL, 2019).

Anna Uziel, professeure adjointe à l’Université d’État de Rio de Janeiro, coordinatrice du Laboratoire intégré en Diversité Sexuelle et de Genre, Politique et Droits, et membre du Centre Latino-Américain en Sexualité et Droits Humains (Clam). Elle coordonne plusieurs recherches sur le genre et la sexualité, dont deux en coopération avec la France.

Éric Fassin, professeur au département de science politique et au département d’études de genre, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, chercheur au Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS, CNRS - Paris 8 - Paris Nanterre). Sociologue engagé, il travaille sur la politisation des questions sexuelles et raciales et leurs intersections. Il a notamment publié Le sexe politique (Éditions de l’EHESS) ; en préparation : Le genre français (La Découverte).