Sexe, genre et jugement social dans le domaine des activités physiques et sportives : d’une asymétrie sociale à une asymétrie motrice

Thèse de doctorat en STAPS, sociologie du sport - Université Paris Ouest Nanterre la Défense
Par François RUCHAUD
Sous la direction de Paul FONTAYNE
et la co-direction de Aïna CHALABAEV
Année de soutenance 2015

Résumé

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En dépit d’un discours social égalitariste, la pratique d’une activité professionnelle, de loisir, ou sportive contraire aux stéréotypes de genre entraîne toujours de la désapprobation de la part d’autrui (Schmalz, Kerstetter, & Anderson, 2008). L’objectif de ce travail doctoral est de mettre en évidence que nos jugements sur le genre et sur le sexe des personnes sont davantage influencés par la hiérarchie sociale qui existe entre les sexes, que par le contexte. Cette thèse avance, dans une première partie, qu’à une asymétrie sociale correspond une asymétrie cognitive quant aux jugements émis à propos du genre des personnes. Pour les hommes, seule la dimension « féminine » varie selon le type d’activité pratiquée, alors que pour les femmes, le changement est constaté sur les deux dimensions : masculine et féminine. Le même constat peut être fait lors de tâches liées à la catégorisation de sexe. En allant plus loin, à l’aide d’une mesure en temps réelle (Mouse-Tracking, Freeman & Ambady, 2010), nous mettons en évidence dans une deuxième partie une asymétrie motrice dans le processus de catégorisation qui serait le reflet de l’asymétrie cognitive constatée précédemment. Ce résultat renforce l’idée que l’homme peut être considéré comme le groupe dominant : les jugements le concernant ne dépendent pas du contexte, alors qu’à l’inverse, nous observons que les jugements sur les femmes (i.e., le groupe dominé) sont davantage influencés par le contexte. Pour finir, nous explorons l’hypothèse que l’influence de la hiérarchie sociale serait marquée au niveau fonctionnel. En conclusion, ce travail doctoral soutient l’idée que nos jugements sur les hommes et les femmes ne sont pas seulement influencés par le contexte, mais aussi par la position sociale des individus.
Despite efforts toward equality, the participation in a professional activity, recreational or sport contrary to gender stereotypes always involves of disapproval from others (Schmalz, Kerstetter, & Anderson, 2008). The objective of this doctoral work is to show that our judgments on gender and on sex of people are more influenced by the social hierarchy between the sexes, as by the context. This thesis advances, in a first part, that to a social asymmetry corresponds a cognitive asymmetry on the judgements related to the gender of the people. For men, only the dimension « feminine » varies according to the type of activity performed, while for women, the change is found on two dimensions: masculine and feminine. The same observation can be made in a sex categorization task. With measures in real-time (MouseTracker, Freeman & Ambady, 2010), in the second part, we show a motor asymmetry in the process of categorization that would reflect cognitive asymmetry observed previously. This result reinforces the idea that the man can be considered as the dominant group: its judgment do not depend on the context, while in contrast, we observe that judgments on women (i.e., the dominated group) are more influenced by the context. Finally, we explore the hypothesis that the influence of the social hierarchy would be marked at the functional level. In conclusion, this doctoral work supports the idea that our judgments on men and women are not only influenced by the context, but also by the social position of individuals.