Penser les lieux queers : entre domination, violence et bienveillance. Étude à la lumière des milieux parisiens et montréalais

Thèse de doctorat en Géographie - Université Paris-Sorbonne
Par Charlotte PRIEUR
Sous la direction de Louis DUPONT
Année de soutenance 2015

Résumé

Français Anglais
Cette thèse s’inscrit dans le champ de la géographie des sexualités et contribue plus précisément au champ des géographies queers. Elle étudie la manière dont sont pensés les lieux queers en commençant par les définir, explorant la manière dont ils s’organisent de manière rhizomatique. Les personnes queers créent des lieux à travers des constellations de personnes qui se regroupent autour d’un rapport spécifique au genre et à la sexualité ainsi qu’autour d’un discours politique queer. Après avoir fait l’archéologie de ces milieux, une étude sera menée sur la violence que vivent les personnes queers dans l’espace public jusque dans les espaces privés. La violence systémique est décrite par l’analyse des rapports de domination et des normes. Les violences intracommunautaires sont ensuite étudiées. L’auteur.e propose finalement une critique des espaces queers sécurisés (safe space) pour proposer une autre conception des lieux par la construction d’espaces bienveillants. La méthodologie de la thèse est fondée sur l’observation participante, l’auto-ethnographie ainsi qu’un questionnaire et des entretiens venant compléter les sources. Un accent a été mis sur la réflexivité de la recherche, notamment sur le travail émotionnel que doit faire le chercheur.e face à ce type de terrain.
This thesis is a contribution to the geographies of sexualities and more specifically to queer geographies. It first seeks to understand how queer places are created by the many ways they are defined, though of, and organized in their rhizomatic pattern. Self-defined queer people have indeed a tendency to create places through the gathering of an array of persons who are connected by a particular relationship to gender, sexuality, as well as by the political component of the queer discourse. Focusing next on the “milieux de vie” that emerged from this loose network of places, the research looks at the systematic violence exerted against queer people in the public and private space. This phenomenon is seen and explained through a set of norms and domination patterns occurring at different levels and scales in society. Violence within the communities is finally studied. The author concludes in examining and in offering a critic of the concept of safe space, which lay the ground for the proposal of the construction of espaces bienveillants (derived from the concept of brave place). The study was conducted through participant observations, auto-ethnographic method, on-line surveys and direct conversations. Reflexivity was at the center of the field work, the author insists most notably on the emotional work researcher faces in this type of research.