Les pratiques corporelles des filles et des garçons : socialisations sexuées et variations interindividuelles

Thèse de doctorat en Sciences du sport et du mouvement humain - Université Paul Sabatier Toulouse 3
Par Delphine JOANNIN
Sous la direction de Christine MENNESSON
et la co-direction de Gérard NEYRAND
Année de soutenance 2014

Résumé

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L'étude de la socialisation enfantine et des contraintes relatives à la construction du genre au sein d'un même groupe de sexe permet d'apprécier la pluralité de modèles de genre souvent présentés de manière binaire. Dans cette perspective, ce travail de thèse analyse la socialisation corporelle de filles et de garçons âgés de 9 à 12 ans (CM1-CM2). Les pratiques corporelles des enquêtés constituent un " terrain d'observation " du processus de socialisation dont ils et elles sont l'objet. Les rapports à l'activité physique et au travail de l'apparence se situent au centre de l'analyse, permettant ainsi d'étudier le rôle central de l'incorporation dans la construction du genre. La démonstration s'appuie sur des données qualitatives issues d'une enquête ethnographique en milieu scolaire, d'observations dans les contextes sportifs fréquentés et d'une série d'entretiens avec les enfants, les familles et les adultes encadrants (institutrices et éducateurs sportifs). Les résultats mettent en évidence différents " régimes de genre " (Connell, 1987) dans les contextes sportifs et plusieurs groupes d'affinités en milieu scolaire. L'articulation des effets de trois instances de socialisation (la pratique sportive associative, l'école (et notamment les réseaux relationnels enfantins) et la famille permet d'étudier la variabilité et la hiérarchie des modèles de masculinités et de féminités repérés