Les ouvrières, des années 1968 au très contemporain : pratiques et représentations 

Thèse de doctorat en Histoire - Université Louis Lumière Lyon 2
Par Fanny GALLOT
Sous la direction de Michelle ZANCARINI - FOURNEL
Année de soutenance 2012
Prix de l’Institut du Genre

Résumé

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Cette thèse porte sur les ouvrières en France des années 1968 au très contemporain. Elle s’appuie principalement sur deux entreprises, Chantelle et Moulinex, et leurs usines de Saint-Herblain (Loire Atlantique) et Alençon (Basse Normandie), respectivement. Elle s’intéresse à la formation d’une génération d’ouvrières, la génération 1968. Celles-ci, embauchées au tournant des années 1970, traversent ensemble la séquence historique de l’« insubordination ouvrière », puis vieillissent ensemble avant de se trouver licenciées dans les années 1990 ou 2000. Pendant que se développent les discours paradoxaux de la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle d’une part et de l’égalité professionnelle d’autre part, la formation de cette génération s’inscrit dans un contexte de bouleversement de l’organisation de la production qui affectent la division sexuée du travail – salarié et domestique tandis que se diffusent les féminismes à l’usine. L’étude des pratiques des ouvrières à l’usine vise à montrer si, et comment, les ouvrières parviennent à prendre la parole dans les sphères publique et privée, et dans quelle mesure, pour ce faire, elles déploient une agency particulière qui rend possible des reconfigurations dans les normes de classe et de genre. Ce faisant, émergent alors les figures populaires des filles de Chantelle ou des ouvrières de Moulinex peu de temps avant que les fermetures d’usines n’atomisent ces collectifs.