Les matérialités discursives du sexe La construction et la déstabilisation des évidences du genre dans les discours sur les sexes atypiques

Thèse de doctorat en Sciences du langage - Université Paris 13
Par Noémie MARIGNIER
Page personnelle
Sous la direction de Marie-Anne PAVEAU
et la co-direction de Luca GRECO
Année de soutenance 2016

Résumé

Français Anglais
Cette thèse porte sur les discours relatifs aux variations du développement du sexe (intersexuation). Mes analyses portent sur la manière dont les différent•es locuteur•es mobilisent les ressources sémantiques, lexicales, énonciatives et pragmatiques de la langue afin de produire les sens du sexe, de créer les identités sexuées, mais aussi de stabiliser ou déstabiliser les idéologies de genre dans des mouvements de naturalisation et de dénaturalisation de la différence des sexes. Trois corpus ont été constitués afin de mener des analyses sur la construction discursive des sexes : un corpus de discours médicaux, un corpus de discours militants, et un corpus de discours pornographiques. À partir d’analyses qualitatives des observables prélevés, je montre que les sens du sexe sont toujours en train de se faire et de se défaire dans les discours : produits par l’idéologie hétéronormative, affirmés ou subvertis par les constitutions subjectives, reconfigurés par les discours du désir.
This thesis discusses how discourses on variations of sex development (intersexuality) could sometimes produce and maintain a difference between the sexes and sometimes destabilize it. My analysis especially focuses on how speakers use semantic, lexical, enunciative and pragmatic resources in order to produce the meaning of sex. It led me to analyze how they create gender identities but also how they produce, spread and contest the ideologies of gender, by both naturalizing and denaturalizing the sex difference. These analyses are based on a collection of medical discourses, a collection of on-line activist discourses, and a collection of pornographic discourse involving atypical sexes. Carrying qualitative analysis, the dissertation shows that the meanings of sex are unceasingly done and undone through discourses: they are produced by heteronormativity, they are affirmed or subverted by subjective positions, and they are reconfigured in the discourses of desire.