Les garçons, l’amour, la sexualité : une jeunesse sous surveillance ? (Paris, 1945-1975)

Thèse de doctorat en Histoire - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Par Régis REVENIN
Page personnelle
Sous la direction de Pascal ORY
Année de soutenance 2012
T.H. avec félicitations du jury à l’unanimité

Publication

Une histoire des garçons et des filles : amour, genre, sexualité dans la France d'après-guerre
Editeur : Vendémiaire
Année : 2015

Résumé

Français Anglais
Indissociable du processus de construction identitaire des individus, la sexualité fascine, obsède, passionne, d'autant plus qu'elle est au cœur des préoccupations politiques, avec les questions de consentement, de dignité, de moralité. Organisée autour de la thématique de la rencontre amoureuse et sexuelle, cette thèse a pour objectif une première approche en sciences humaines et sociales de la sexualité masculine juvénile dans la France des Trente Glorieuses. Dans le contexte du triomphe du sentiment amoureux au 20e siècle, d'une émancipation féminine et d'une visibilité homosexuelle de plus en plus grandes, de la séparation de la procréation et de la sexualité, mais aussi de la sexualité et de l'affectivité, la rencontre de l'autre est consubstantielle au lien social, au lien amoureux et sexuel. Ce travail en aborde quelques étapes fondatrices et prend le contre-pied de l'écriture d'une histoire linéaire de la libération des comportements sexuels et des normes de genre, dont la thèse principale est le passage dans les années 1960-1970 d'une société de répression, de refoulement et de domination masculine à une société sexuellement libérée et égalitaire. Car s'il y a bien quelque chose dont les jeunes - et les autres - ne se sont pas libérés, c'est de la violence de la transmission de ces normes, en perpétuelle recomposition, pensées comme inscrites dans une « nature », et désormais dans une « psychologie ». Y compris pour les garçons, si la liberté de leur parole et de leur corps est grande, les gestes restent contraints, codifiés. Les trajectoires s'individualisent, participent de la subjectivité, mais restent dépendantes de scénarii sexuels socialement déterminés.