Les femmes et l’extrême droite politique en République fédérale d’Allemagne. Le Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD) à l’épreuve du genre, 1964-2017

Thèse de doctorat en Etudes germaniques / Histoire - Université Paris-Sorbonne / Ludwig-Maximilians-Universität Munich
Par Valérie DUBSLAFF
Page personnelle
Sous la direction de Hélène MIARD-DELACROIX
et la co-direction de Andreas WIRSCHING
Année de soutenance 2017

Résumé

Français Anglais
Cette thèse éclaire les spécificités des générations de femmes qui se sont succédé au Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD), des militantes « postfascistes » et républicaines des années 1960 aux militantes « néofascistes » et nationales-révolutionnaires des années 2000. Partant du constat de leur marginalité politique, ce travail étudie les rapports de genre et questionne l’agency féminine dans une extrême droite masculiniste. Afin de surmonter leur isolement, les femmes du parti ont ponctuellement élaboré des stratégies d’auto-affirmation : après la fondation d’un Conseil des Femmes en 1968 et de groupes de femmes en 1976/1977, le Cercle des Femmes nationalistes, fondé en 2006, marque l’aboutissement de leurs revendications antisexistes, revendications qui posent également la question du rapport ambivalent qu’elles entretiennent avec le féminisme politique. Cette thèse pose ainsi un regard inédit sur les processus de féminisation dans l’extrême droite allemande et propose une lecture différente de l’histoire de la République fédérale.
This PhD thesis analyses the characteristics of the generations of women who succeeded each other in the National Democratic Party of Germany, from the ‘postfascist’ and democratic activists of the 1960s to the national-revolutionary and anti-system ‘neofascists’ of the 2000s. It examines their political marginality within the party and therefore questions the female agency in the masculinist far right. In order to break out of their isolation, national-democratic women have occasionally developed some self-affirmation strategies : after the foundation of a Federal Women’s Council in 1968, they founded Women’s Groups in 1976/1977 and a Circle of nationalist Women in 2006. This women’s organisation can be considered as the culmination of their antisexist claims, it therefore puts into question their relationship with political feminism. Thus, this thesis sheds a light on feminisation processes in the far right and offers a different understanding of German history.