Les femmes de l’exil chilien. De L’Unité Populaire vers la terre d’asile : une analyse en termes de rapports sociaux. 

Thèse de doctorat en Sociologie - Université de Strasbourg
Par Yvette Marcela GARCIA
Sous la direction de Juan MATAS
et la co-direction de Roland PFEFFERKORN
Année de soutenance 2014
L’université ne discerne pas de mention

Résumé

Français Anglais
L’Unité Populaire (1970-1973), comme expérience fondatrice, et la répression sous la dictature militaire (1973-1989) sont à l’origine de l’exil chilien. Cet exil a largement été étudié sous ses aspects politiques et la figure du réfugié le plus souvent traitée au neutre masculin. Les engagements des Chiliennes dans l’action collective, leur entrée sur le marché du travail ou encore leur participation au processus migratoire restent le plus souvent occultés. Les exilées chiliennes traversent des situations particulières de par leur conditions de femmes. Cependant, selon leurs différentes appartenances sociales, les expériences vécues ne sont pas identiques. Au travers de l’analyse de cinquante entretiens et des travaux historiographiques et sociologiques existants, cette thèse examine leurs parcours familiaux, professionnels et militants, au Chili jusqu’à leur arrivée en France, en articulant à la fois le niveau subjectif (leur vécu, leurs expériences personnelles et leurs perceptions) et le niveau objectif (le contexte et les différents rapports sociaux en jeu). L’attention est particulièrement portée sur les rapports sociaux structurants (classe sociale, génération, sexe et « race ») ainsi que sur les stratégies et les ressources que ces femmes mobilisent.
The Chilean exile stemmed from two major episodes: the Popular Unity (1970-1973), as a founding experience, and the repression orchestrated by the military dictatorship (1973-1989). The political aspects of this exile have been extensively addressed with the figure of the refugee generally perceived as masculine-neutral. Consequently, the involvement of Chilean women in collective action, their entry into the labour market or their participation in the migratory process are often ignored. The Chilean women in exile went through experiences specific to their gender. However, these experiences differed depending on their various social affiliations. This doctoral work endeavours to analyse these women’s familial, professional, and militant paths from their situation in Chile to their arrival in France, expounding both the subjective level of their personal experiences and perceptions and the objective level of the context and various social relations at play. This work focuses specifically on structuring social relations (social class, age, gender, and race) as well as the varying strategies and resources employed by women.