Le militantisme féminin du P.O.U.M. (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste). Espagne, 1935 – exil. Une contribution à l’histoire sociale du genre

Thèse de doctorat en Etudes hispaniques - Université Paris 8 Vincennes—Saint-Denis
Par Cindy COIGNARD
Sous la direction de Danièle BUSSY GENEVOIS
Année de soutenance 2013
Très honorable avec félicitations du jury

Publication

Les femmes du POUM 1935-1980
Editeur : Presses Universitaires de Rennes
Année : 2015

Résumé

Français Anglais
Fondé en septembre 1935 en Espagne, le POUM (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste) disparaît de la scène politique prématurément en juin 1937 lorsqu’il est déclaré illégal. Cette thèse présente l’étude d’un aspect peu connu du parti: les femmes du POUM. L'implantation d'un parti ouvrier dans l'Espagne de la Seconde République invite à comparer la situation des femmes dans le parti et la législation. N’oublions pas que la proclamation de cette République le 14 avril 1931 avait représenté une période d’ouverture et d’émancipation pour les femmes. De ce fait, il semble intéressant d’étudier les rapports de sexe entre les militants et militantes du POUM afin de voir s’il existait une adéquation entre le discours du parti (égalité entre les sexes) et la réalité quotidienne. L’analyse s’appuie sur : l'action militante : sur le front mais aussi et à l’arrière-garde, où l’on retrouve les femmes en politique, dans les moyens de communication, dans des organisations d’aide à la population civile ou encore dans l’enseignement et l’aide aux enfants. Par ailleurs, l’étude inclut une tentative d’approche différentielle entre les femmes du POUM et les femmes d’autres partis politiques ou organisations féminines, comme par exemple les anarchistes. Le problème de la survie du parti en exil se pose également et présente l’évolution d’un militantisme politique vers un militantisme plus culturel.
Founded in September 1935 in Spain, the POUM (Workers Party of Marxist Unification) disappeared from the political stage prematurely in June 1937 as it has been declared illegal. This thesis introduces a study of a little-known aspect of this party until now : POUM's women. The establishment of a workers' party in Spain's Second Republic invites us to compare the situation of women in the party and the law. We don't forget that the proclamation of this Republic on the 14th of April 1932 represented a time of opening and emancipation for women for example accessing to the right to vote. Women were until there considered as inferior and “victims” of a patriarchal family model deep-rooted into society and supported by State and Church. Therefore, it seems interesting to study gender relations between POUM's male and female activists in order to find out if there is a match between the party's rhetoric (gender equality) and the daily reality. The analysis will cover various subjects. Activism: in the foreground but also and especially in the background where female politic activist are found (inside the party but also in their own executive committee, the SFPOUM), in communication medias (press and radio), in the civil assistance organizations (including the International Red Aid) or in teaching and helping the children, as many of them used to be teachers. In addition, the study includes an attempt of a differential approach between POUM's women and other political parties' women or women's organizations such as anarchists. The issue of the exiled party's survival also rises up and shows the evolution of political activism towards a more cultural activism. For all those issues, interviews with activists and their families have been important.