La transition de la fécondité en Syrie

Thèse de doctorat en Sociologie, Démographie - Université Paris Ouest Nanterre la Défense
Par Rana YOUSSEF
Sous la direction de María-Eugenia COSIO-ZAVALA
Année de soutenance 2015

Résumé

Français Anglais
En 2009, selon les résultats de la dernière enquête sociodémographique représentative au niveau national, le taux de fécondité totale de la Syrie était de 3.5 enfants par femme. Il dépasse d’environ 1.5 enfant le seuil de remplacement des générations, estimé à 2.1 enfants par femme. L’évolution de la fécondité syrienne a connu plusieurs phases ; la première, où la fécondité atteignait des « records mondiaux » et résistait à tout changement, puis la phase d’une baisse rapide amorcée au milieu des années 1980, suivie par une phase d’une lente baisse ou d’une quasi-stagnation de la fécondité dès le début des années 2000 et jusqu’à nos jours. Si la baisse rapide de la fécondité a été déclenchée sous la contrainte économique liée à la crise multifacettes des années 1980, sa stagnation récente est, au moins en partie, liée aux préceptes religieux et à des facteurs culturels qui constituent des obstacles à la baisse de fécondité au-dessous d’un certain niveau. Le « modèle géographique » de la fécondité qui persiste dans le temps en est témoin : les populations des gouvernorats du Nord-Est du pays, Deir-ez-zor, Al-Hassakeh et Al-Rakka, et des deux gouvernorats des frontières sud, Al-Quneitra et Dar’a, enregistrent la fécondité la plus élevée ; tandis que les populations des gouvernorats côtiers, Lattaquié et Tartous, du gouvernorat d’Al-Sweida et de la capitale ont la fécondité la plus basse.
According to the results of the last demographic survey representative at the national level, the total fertility rate of Syria was 3.5 children per woman in 2009. It exceeds about 1.5 children the replacement level, estimated at 2.1 children per woman. The evolution of the Syrian fertility has experienced several phases; the first was when fertility reached "world records" and resisted any change, then a phase of rapid decline in the mid-1980s, followed by a phase of slow decrease or a phase of quasi-stagnation of fertility in the early 2000s until today. If rapid fertility decline was triggered by economic difficulties related to the crisis of the 1980s, its recent stagnation is, at least in part, related to religious precepts and cultural factors that are barriers to fertility decline below a certain level. This is confirmed by the "geographic pattern" of fertility which persists over time, the populations of North East governorates, Deir ez-Zor, Al-Hassakeh and Al-Rakka and the two governorates of southern borders Al-Quneitra and Dar'a, record the highest fertility; while populations of coastal governorates, Latakia and Tartous Governorate of Al-Sweida and the capital have the lowest fertility.