La relation entre genre grammatical et dénomination de la personne en langue française

Thèse de doctorat en Linguistique - Université de Bourgogne
Par Lucy MICHEL
Page personnelle
Sous la direction de Philippe MONNERET
et la co-direction de Thomas VERJANS
Année de soutenance 2016

Résumé

Français Anglais
Cette recherche part du constat d’une rupture dans le fonctionnement sémantico-référentiel du genre grammatical, entre noms d’inanimés ou d’animés non-anthropomorphisés, et noms d’animés humains ou anthropomorphisés. Le fait de centrer le propos sur la classe des « dénominations de la personne » permet d'analyser précisément les difficultés posées par le genre grammatical dans son lien avec la bipartition sexuée des êtres humains, traditionnellement pensée comme première. Ce travail de thèse, appuyé sur les théories de la dénomination et affiné par les outils du matérialisme et des réflexions queer sur le langage, est centré sur une proposition d’analyse sémantique stéréotypique. Celle-ci permet à la fois de ne pas penser l’idée d’une hiérarchie entre les genres grammaticaux comme inhérente au système linguistique français, et de comprendre certains phénomènes en apparence contradictoires et généralement rejetés comme idéologiques et/ou politiques, donc non-linguistiques.
This research was initiated with the idea of a semantic and referential splitting of grammatical gender within the French language between nouns denoting inanimates or non-anthropomorphic animates, and nouns denoting human or anthropomorphic animates. The fact that this study focuses only on nouns denoting human animates, and more specifically on person denominations, enables to carefully analyze the difficulties that arise from the idea of a link between grammatical gender and sexual bipartition. My work, nourished both by denomination theories and material and queer theories on language, is thus centered on proposing a stereotype-based semantic analysis of grammatical gender. This analysis opposes the idea of a structural hierarchy between masculine and feminine grammatical genders, and enables to understand some of the phenomena that are usually not considered as linguistic, but rejected as ideological or political.