La filière néré et les rapports de genre en Haute Guinée

Thèse de doctorat en Etudes rurales en géographie, environnement - Université Jean Jaures Toulouse 2
Par Mabetty TOURE
Sous la direction de Laurien UWIZEYIMANA
Année de soutenance 2013
Très honorable

Résumé

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Les dynamiques des rapports de genre se construisent à travers une analyse globale depuis la mise en place des populations. Cette analyse permet de porter un regard nouveau sur les rapports de genre autour d’enjeux social, culturel et économique en Haute Guinée. De l’organisation sociale et politique des communautés rurales de base ressort la position sociale qu’occupe chaque catégorie sociale à divers niveaux d’échelles (village, clan, famille). Les inégalités liées au genre influencent les processus sociaux et économiques. Les rapports de genre s’organisent à travers les faits et pratiques qui montrent une différenciation sociale mais aussi une hiérarchisation en faveur des hommes et des aînés. L’organisation sociale codifie les pratiques des uns et des autres dans un système gérontocratique. Les asymétries du genre constituées de différences et d’inégalités se transforment parfois, en réponse à l’évolution de la société ainsi qu’à des changements de conditions socio-économiques. C’est dans ce cadre que beaucoup de femmes de la Haute Guinée ont pris des initiatives et s’inscrivent actuellement dans des logiques d’exploitation du néré, un produit de cueillette utilisé comme condiment, ce qui leur permet d’avoir plus d’autonomie et peuvent, de ce fait, accéder aux moyens de production. Elles adhèrent aux organisations collectives, se déplacent de plus en plus vers des horizons lointains, bousculant ainsi l’ancienne hiérarchie de pouvoir fondé sur le sexe et l’âge.