La condition féminine à l’ère du post-féminisme vue par les écrivaines japonaisesdes années 1980 à nos jours.

Thèse de doctorat en Etudes culturelles et francofonie - Université Paul-Valery Montpellier 3
Par Claire LE FALHER
Sous la direction de Marie-Pierre NOEL
et la co-direction de Gérard Siary.
Année de soutenance 2014

Résumé

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Les études occidentales sur la condition féminine au Japon établissent que ce pays est en retard et semble stagner en ce qui concerne l'égalité des sexes par rapport aux pays occidentaux. Or, ce sentiment d'inégalité ne transparaît généralement pas dans les œuvres des romancières japonaises dont le courant a émergé dans les années 1980. En effet, elles ne mettent pas en scène la lutte contre des situations discriminatoires mais recréent dans leurs romans une société où les rôles sont redéfinis et accordent plus de libertés pour les deux sexes. C'est une vision féminisée de la société japonaise qui met en avant le changement progressif des mentalités plutôt que la confrontation.Tout d'abord, la narration est assurée majoritairement par des personnages féminins ou des personnages masculins dont le comportement est féminisé. Ces personnages ont pour point commun d'avoir du mal à s'intégrer à la société japonaise dans laquelle évoluent les personnages de la littérature masculine. Leur mal-être se traduit par une sensibilité exacerbée que les personnages sont incapables de comprendre et de maîtriser. La réintégration des personnages doit donc passer par la maîtrise de ces sentiments. Or, l'environnement des personnages est trop oppressant pour permettre la maîtrise des sentiments. C'est pour cela que la narratrice (ou le narrateur) doit agir sur cet environnement pour qu'il soit adapté à son besoin de liberté. C'est pour cela que les personnages, souvent, fuient leur environnement ou en créent un autre avec l'aide d'un personnage sur lequel ils se focalisent afin de créer une microsociété de transition. Ce qui ressort alors de la littérature populaire féminine, c'est que bien que la société établie au départ soit la même que celle de la littérature masculine, elle est plus sensible au malaise social qui semble se profiler avec la crise de l'hypermodernité. Ainsi, les premières victimes de ce malaise social que sont les femmes et les inadaptés proposent une solution qui est de féminiser partiellement et de manière transitoire l'environnement social pour rétablir une sorte d'équilibre entre les hommes qui acceptent les contraintes de la dynamique du monde moderne sans se poser de question et les femmes qui refusent de n'avoir le choix qu'entre s'adapter à la société ou s'en écarter.
Occidental studies about condition of women in Japan establish that this country is late and seems to stagnate as regards the gender equality compared with western countries. This feeling of disparity is not generally visible in the works of the Japanese feminine novelists whose current began in the 1980s. Indeed, they do not stage the wrestling against discriminatory situations but recreate in their novels a society where the roles are redefined and grant more liberties for both sexes. It's a eminized version of the Japanese society whitch insists on the progressive change of the mentalities rather than the confrontation. First, the story is mainly insured by feminine characters or male characters whose behavior is feminized. These characters have in common to have difficulty in becoming integrated into the Japanese society in which the characters of the male literature evolve. Their ill-being is translated by a heightened sensibility which the characters are incapable to include and to master. The reinstatement of the characters is assured by the control of these feelings. But the environment of the characters is too oppressive to allow the control of these feelings. That's why the feminine narrator (or the masculine narrator) has to act on this environment for it to be adapted to her need for freedom. That's why the characters, often, flee their environment or create an other one. They are assisted by a character on whom they focus to create a microsociety of transition. The particularity of the feminine popular literature, it is that in spite of that the society established at first is the same that that of the male literature, it is more sensitive to the social faintness which seems to be outlined with the crisis of the hypermodernity. So, the first victims of this social faintness, who are women and the maladjusted persons propose a solution which is to feminize partially and for a a brief moment the social environment to restore a kind of balance between the men who accept the pressures of the dynamics of the modern world without asking questions and the women who refuse to have the choice between adapt themselves to the society or to move away from it.