L’UNESCO et la culture : construction d’une catégorie d’intervention internationale, du « développement culturel » à la « diversité culturelle 

Thèse de doctorat en Sociologie - EHESS
Par Mauricio BUSTAMANTE
Page personnelle
Sous la direction de Gisèle SAPIRO
Année de soutenance 2014
T.H. avec félicitations du jury à l’unanimité

Résumé

Français Anglais
La thèse a pour objectif de contribuer à l’étude de la constitution de la culture comme catégorie d’intervention internationale. Elle porte sur l’UNESCO comme terrain d’observation de ce processus, qui s’étend sur la période 1966-2005. À partir de plusieurs types de sources et de méthodes (dépouillement d’archives, analyse de données statistiques, entretiens, observation participante), la thèse retrace la genèse sociale, les conditions de possibilité et les enjeux qui structurent l’espace international des débats sur la culture et les biens culturels. Dès la fin des années 1960, le « développement culturel » s’impose comme doctrine qui légitime l’action de l’État dans le secteur culturel. Les débats se poursuivent dans les décennies suivantes et portent sur la délimitation des secteurs d’intervention, ainsi que sur le degré de participation des pouvoirs publics et du marché en tant que facilitateurs de la production et médiateurs dans la circulation des biens culturels. Dans ce processus, apparaît un espace de concurrence où interagissent des agents internationaux avec des statuts différents (hommes politiques, diplomates, fonctionnaires internationaux, chercheurs, universitaires, artistes, etc.) pour définir une conception légitime de la culture et des formes d’action culturelle. Le principe de « diversité culturelle » est la manifestation la plus récente de ces luttes internationales, il vise à garantir l’autonomie de la production culturelle nationale face à l’internationalisation inégale des marchés. Il s’inscrit de ce fait dans la continuité des débats internationaux qui ne cessent d’être réactivés depuis désormais plus d’un demi-siècle. Cette thèse voudrait ainsi contribuer à la réflexion sur le processus de création, d’internationalisation, de circulation et de légitimation des nouvelles catégories d’action au moment de penser la culture.