L’Ecriture en déplacement, l’écriture du déplacement : H.D., Djuna Barnes et Laura (Riding) Jackson (1915-1944)

Thèse de doctorat en Littérature américaine - Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
Par Claire CONILLEAU
Sous la direction de Marie-Christine LEMARDELEY
Année de soutenance 2013
Très honorable avec félicitations du jury

Résumé

Français Anglais
H.D., Djuna Barnes et Laura (Riding) Jackson incarnent trois visages du modernisme américain expatrié. C’est autour de leur place paradoxale dans le contexte d’instabilité et de circulation de ce moment littéraire que s’articulent leurs parcours respectifs. Cette thèse cherche à montrer comment l’expérience du déplacement géographique s’incarne dans le texte thématiquement, stylistiquement, grammaticalement, génériquement et dans le genre (gender) pour produire une écriture autobiographique déplacée qui interroge et transgresse les frontières. On analysera comment l’expatriation des trois auteurs et leur marginalité dans la communitas des expatriés produisent une écriture qui remet en question la limite entre personnel et impersonnel. On explorera les représentations du déplacement géographique lui-même comme thématique et esthétique. En adoptant une méthode de cartographie littéraire, nous mettons au jour une écriture nomade et interrogerons le rapport à la nation dans les textes qui travaille le trope du Grand Tour. L’analyse de l’esthétique du déplacement de l’autobiographie sur les éléments organiques du texte met au jour la métaphorisation du déracinement et le processus de déterritorialisation/reterritorialisation de l’expatriation et du genre féminin chez H.D., Barnes et (Riding) Jackson.
H.D., Djuna Barnes and Laura (Riding) Jackson embody three facets of American expatriate modernism. Their trajectories hinge on their paradoxical place in modernism’s context of instability and circulation. This thesis purports to show how their works are imbued with the experience of geographical displacement at various levels (thematic, stylistic, grammatical, generically and in gender). This porosity between life and work results in a displaced autobiographical writing which questions and transgresses frontiers. The first section deals with how these authors’ expatriation and marginality in the expatriate communitas produce texts which probe the limit between the personal and the impersonal. The second part focuses on the representations of the geographical displacement itself—both as theme and aesthetics. By resorting to a literary cartography method, we argue for a nomadic writing and interrogate the writers’ relation to the concept of nation in texts which deploy the Grand Tour trope. The final section analyzes the aesthetic transference of the autobiography on the organic elements of the text. These motifs act as metaphors of the subject’s uprootedness and of the deterritorialization/reterritorialization process at work for expatriate women writers.