Importer des femmes pour exporter des fraises. Flexibilisation du travail, canalisation des flux et échappatoires dans une monoculture intensive globalisée.

Thèse de doctorat en Sociologie - Université de Nice Sophia Antipolis
Par Emmanuelle HELLIO
Page personnelle
Sous la direction de Jocelyne STREIFF-FENART
Année de soutenance 2014
T.H. avec félicitations du jury à l’unanimité

Résumé

Français Anglais
A partir du cas des saisonnières marocaines travaillant sous contrat dans l'agriculture intensive, cette thèse explore la manière dont le recrutement se fonde sur leur place dans les rapports de sexe (mères avec enfants en bas âge) et la réduction de leur séjour au travail à des fins de contrôle de la mobilité des étrangers (assignation à circuler). On s'intéresse à la manière dont l'utilitarisme migratoire s'appuie sur des rapports matériels de sexe et des représentations de genre, les effets que cela produit en matière d'invisibilisation et de mise à l'écart de ce groupe de travailleuses ainsi qu'en matière de flexibilité dans l'organisation du travail. Enfin, on aborde, dans ce contexte particulier, la manière dont la vie des saisonnières s'articule autour d'une conciliation, parfois impossible à trouver, entre rôle domestique ou familial et salariat saisonnier.
Studying the case of seasonal female workers under contract in intensive strawberry culture, this thesis intends to explore the way in which recruitment is based on their place in sex relations (mothers of young children) and on the reduction of their stay to work in order to control foreigners mobility (assignation to circulate). The thesis presents how migratory utilitarianism uses material sex relations and gender representations to render workers invisible, captive and flexible. Finally, we abord in this specific context the way in which seasonal workers life is articulated and tries to conciliate, sometimes impossibly, a domestic or family role and seasonal wage.