Genre et réécriture de l’Histoire : du témoignage à l’autobiographie à plusieurs voix

Thèse de doctorat en Etudes de genre - Université Paris 8 Vincennes—Saint-Denis
Par Jisun BAE
Sous la direction de Nadia SETTI
Année de soutenance 2014
Très honorable avec félicitations du jury

Résumé

Français Anglais
Ce travail montre les conditions d'élaboration et de production de langues et écritures qui relisent une mémoire subjective et collective, en récrivant l'Histoire par-delà les violences, les dénis, les refoulements et les censures et comment la question de la « langue maternelle » intervient dans ce rapport. Cela concerne d’abord l'analyse du texte du témoignage L’histoire qu’on réécrit avec la mémoire à travers lequel émergent en sujet de l'histoire et de l'écriture les « femmes de réconfort » survivantes de l'esclavage sexuel en Corée du Sud pendant l'occupation japonaise. Cette analyse montre comment des femmes viennent à l’écriture en troublant la femme dans l’écriture de l’Histoire. Grâce au dispositif du Team de Témoignages, les témoignages se modulent en écriture de vie, en biographies. Ensuite, dans le texte autobiographique Dictée, Theresa Hak Kyung Cha fait apparaître un autre sujet d'énonciation une « voix peuplée » qui vise l'autre histoire de la Corée du Sud à partir de son histoire familiale dans une langue d'exil, une langue de l’autre. L’écriture autobiographique, qui est une écriture de l’histoire individuelle, croise l’écriture de l’Histoire en résistant à la subsumption de la femme ainsi que de la pensée. Dans cette perspective, ce travail interroge la complexité de la « langue maternelle » et de l'autobiographie chez des philosophes. La « langue maternelle » se révèle tantôt comme langue de la Nation, de la loi, de l’autre tantôt comme langue de l’affection et de l’intime, de la relation généalogique.