Femmes, sphère publique et pouvoir politique en postcolonie : Le cas du Cameroun (1945-années 2000)

Thèse de doctorat en Histoire - Sorbonne Paris Cité
Par Rose T. NDENGUE
Sous la direction de Odile Georg
Année de soutenance 2018

Résumé

Français Anglais
Les critères d’accès à la citoyenneté « moderne » qui ont été élaborés pour les colonisé·e·s après la seconde guerre mondiale, comportent dès le départ une forte dimension genrée. Bien que ces normes voient le jour dans un contexte réputé pour son ouverture à une relative libéralisation de la vie sociale et politique, les restrictions qu’elles comportent et les mécanismes de leur mise en œuvre mettent à jour le souhait des autorités coloniales de contrôler un changement devenu inévitable. Elles instituent alors une sphère publique dans laquelle, elles sont garantes de la légitimité des interlocuteurs.trices qui y officient. Les soubassements disqualifiant qui régissent la participation politique moderne à l’origine, ont eu un effet durable sur la manière dont ce processus est investi par les autorités, les populations et l’historiographie. Ainsi, dans le cas du Cameroun, la construction genrée de la citoyenneté abouti d’une part, à une présence marginale des femmes au sein des instances politiques – et dans l’espace politique conventionnel, de manière générale – et, d’autre part, à leur sous-representation dans l’historiographie politique du Cameroun. Pour autant, cette sous-représentation des femmes dans l’histoire et la vie politique ne traduit pas une participation politique négligeable, mais, plutôt, une visibilité différenciée des hommes et des femmes dans la sphère publique. Ce travail vise alors à démontrer que des Camerounaises manifestent constamment la volonté de s’imposer comme agentes politiques. Dans une approche qui étend le périmètre de la participation politique à des modes d’action ne relevant pas uniquement de la modernité occidentale, cette recherche éclaire les actions politiques plurielles (collectives ou individuelles) de ces femmes.