De l’énigme au paradigme : La psychanalyse n’est pas homophobe

Thèse de doctorat en Psychologie - Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
Par Maria Paz RODRIGUEZ DIEGUEZ
Sous la direction de Sophie MARRET
Année de soutenance 2015

Résumé

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Cette recherche vise à répondre aux critiques que certains auteurs de la théorie queer ont adressé à la théorie lacanienne, en l´accusant d´homophobe. Nous proposons une nouvelle approche de la sexualité humaine qui ne sera plus instaurée à partir de l´ordre symbolique du Complexe d´Œdipe. À la fin de son enseignement, Lacan reconnaît qu´ « Il n´y a pas de rapport sexuel », et avec cet aphorisme il nous ouvre la porte vers un nouveau paradigme orienté vers le réel : la jouissance qui vise l´impossible de la relation sexuelle. Cette jouissance substitutive, comme l´a nommé Jacques-Alain Miller, ne distingue pas entre névrose et perversion. Cette nouvelle lecture qui va au-delà de la clinique structurelle surgit du nœud borroméen, c´est-à-dire, de ce qui fait tenir ensemble les registres symbolique, réel et imaginaire du désir et de la jouissance. Nous prétendons surmonter l´Œdipe par le biais du tout dernier enseignement de Lacan. Pour ce faire, nous avons revisité le célèbre cas de « la jeune homosexuelle » de Freud, à partir des nouveaux éléments de son histoire publiés dans sa biographie intitulée Sidonie Csillag, Homosexuelle chez Freud. Lesbienne dans le siècle. Grâce à cette nouvelle conception borroméenne nous regarderons l´homosexualité sous un autre angle. Notre but sera de trouver les convergences entre ce nouveau paradigme borroméen de la psychanalyse et la théorie queer.
This investigation aims to respond to the critiques certain authors of queer theory have addressed to Lacanian theory, namely the accusation of homophobia. At the end of his teaching, Lacan recognized « There is no sexual relation »; and with this aphorism, he opened the door to a new paradigm oriented by the real: jouissance that aims at the impossible of the sexual relation. This substitutive jouissance, as Jacques-Alain Miller named it, doesn’t distinguish between neurosis and perversion. This new reading which goes beyond the structural clinic springs from the Borromean knot, in other words, that which holds the symbolic, real, and imaginary registers of desire and jouissance together. We purport to overcome the Oedipus complex by way of the very last Lacanian teaching. In order to do so, we revisited Freud’s extremely well-known case of the “young homosexual woman”, starting from new historical elements published in her biography entitled, Sidonie Csillag: Jeune Homosexuelle chez Freud, lesbienne dans le siècle. We will regard homosexuality from another angle thanks to the new Borromean conception. Our goal shall be to find the convergences between this new Borromean paradigm of psychoanalysis and Queer theory.